jeudi, janvier 07, 2010

HUMOUR ET PHILOSOPHIE: ENTREVUE AVEC TOM CATHCART ET DAN KLEIN

L'ouvrage collectif: Je pense, donc je ris. Humour et philosophie, que j'ai dirigé avec Christian Boissinot aux Presses de l'Université Laval, sortira bientôt. J'ai posté ici, alors que j'y travaillais, ma contribution à cet ouvrage, intitulée: Humour et mathématiques.

Je poste cette fois cet autre chapitre du livre. Cet entretien est aussi paru dans Philosophie Magazine. Me conctacter si on désire reproduire ce texte.

***

1. Comment vous est venue l’idée d’écrire Platon et son ornithorynque?


Nous nous sommes connus la première journée de notre première année d’études à Harvard, en 1957, et nous sommes restés des amis depuis lors.

Nous avons tous deux étudié la philosophie et nous avons eu des professeurs exceptionnels — parmi lesquels W. V. O. Quine, Paul Tillich et Robert Paul Wolff. Un de nos camarades d’études était le juge de la Cour suprême américaine David Souter — en fait, il n’était pas juge de la Cour suprême à cette époque, mais il était déjà un garçon sérieux et on pouvait tout à fait l’imaginer porter une toge noire.

Ceci dit, nous avons probablement appris plus de philosophie au cours de toutes ces nuits passées au Tommy’s Arcade et durant lesquelles nous discutions l’un avec l’autre.
Nous sommes donc restés amis durant les 52 années qui ont suivi et nous n’avons cessé de débattre (Tom est plus religieux que Dan et il est également plus grand, ce qui irrite quelque peu Dan; d’un autre côté Dan, plus que Tom, est un véritable aimant à femmes, ce qui ce qui irrite quelque peu Tom.)

Durant toutes ces années, nous n’avons cessé de nous raconter des blagues. Un soir, Danny téléphone à Tom et lui dit : « Je viens d’entendre une bonne vieille blague. Un homme est au lit avec la femme de son meilleur ami. Tout d’un coup, ils entendent la voiture du mari qui se stationne dans le garage. L’ami saute du lit et court se cacher dans le placard. Pendant ce temps, le mari entre dans la chambre et, ouvrant le placard pour y accrocher son veston, il y voit son meilleur ami Louis, complètement nu. L’homme s’écrie : « Louis! Qu’est-ce que tu fais là? » et Louis répond: « Euh… Ben tout le monde doit bien être quelque part. »

Tom a réagi en disant : « Ah, Ah! Louis donne une réponse hégélienne à ce qui devait s’entendre comme une question existentielle. »

La conversation s’est alors poursuivi comme suit:

Dan : Exactement! Le mari veut savoir ce que Louis fait dans cette situation existentielle particulière, c’est-à-dire nu et dans le placard.
Tom : Exact. Tandis que Louis, pour des raisons qu’on devine, préfère répondre du point de vue de Dieu, en se plaçant en quelque sorte hors du système, comme Hegel.
Dan : Attends un peu. On tient un livre avec ça! (Il faut dire que Dan est l’auteur de 30 ouvrages)
Tom : Pardon? (Il faut dire que Tom n’est pas auteur de 30 ouvrages)
Dan : Tout à fait! Des blagues qui permettent de saisir des idées philosophiques.
Tom : Ce sera un tout petit livre, Danny. Il ne doit y avoir que 4 blagues dans le monde entier qui font cela.
Dan : Non! Non! Il y en a des centaines.

Nous avons loué une chambre de Motel à Gloucester (Massachusetts) et nous nous y sommes enfermés pour une fin de semaine avec une pile de livres de philosophie et une pile de livres de blagues. Le reste, comme dirait Hegel, appartient à l’histoire.

2. Avez-vous été surpris du succès du livre, qui a été si grand que vous avez dû en faire un deuxième et qu’un troisième est en préparation?

En fait, non, nous n’en avons pas été surpris : nous en avons été complètement renversés!

Notre livre avait été refusé par 40 maisons d’édition. Mais notre agente littéraire, Julia Lord, refusait de capituler. Le quarante et unième éditeur, Abrams Image, a acheté Plato and a Platypus walk into a Bar pour une minuscule avance et n’en a imprimé que 15 000 copies. Notre espoir le plus fou était d’en vendre suffisamment pour couvrir notre avance et peut-être faire un 1000$ de plus.

C’est alors que Weekend Edition Sunday, de NPR, nous a contactés : Liane Hanson souaitait nous interviewer. Une heure avant l’émission, le livre était 2 232e place sur Amazon. Une heure après l’émission, il était en troisième position et le livre est demeuré sur la liste des Best Sellers du New York Times jusqu’à ce que Abrams manque d’exemplaires. Dès que la réimpression fût faite, le livre est revenu sur la liste et il y est resté durant de nombreuses semaines. Nous étions stupéfaits.

Moralité? La philosophie est facile, le marketing difficile!

3. D’aucuns trouveraient improbable (et c’est un euphémisme!) le lien que vous faites entre humour et philosophie. Qu’ont-ils en commun, selon vous?

Comme nous le disons dans le livre, la construction et l’aboutissement des blagues et la construction et l’aboutissement de la philosophie sont de même nature : dans les deux cas, on travaille sur la conception que nous avons des choses et de ce qui existe, puis on nous amène dans une certaine direction et nous attendons une certaine conclusion : mais ces attentes sont trompées, un peu comme si l’herbe nous était coupée sous le pied.

Par exemple, la chute d’une blague pourra révéler que l’histoire ne parle pas réellement de médecins, mais plutôt de femmes nues! De la même manière, le philosophe pourra commencer à parler de tables et de chaises qui sont là, dans le monde extérieur; puis, sans que vous vous rendiez compte de la manière dont cela s’est fait, il sera finalement question de données des sens qui sont dans votre tête.

Il résulte de tout ceci que la philosophie et les blagues produisent ces moments où l’on se dit : « Ah! Ah! », celui qui se produit quand la lumière s’allume et que, tout d’un coup, on comprend. Pour le dire d’une autre manière, les blagues et la philosophie jouent sur la perspective que nous avons sur le monde et s’emploient à la transformer.

Prenez par exemple cet argument qui tente de démontrer l’existence de Dieu en invoquant une étonnante analogie : « Le monde est comme une horloge. »
Supposons que vous acceptiez cela, que penser alors de l’étonnante conclusion suivante? « Les horloges sont faites par des horlogers, donc le monde doit avoir été fait par un fabriquant de mondes. » CQFD! [Sauf que, comme David Hume l’a fait remarquer il y a quelques deux siècles, concevoir l’univers comme une horloge est une analogie très étrange. Vous pourriez tout aussi bien dire que l’univers est comme un kangourou — tous ces systèmes interconnectés et réunis dans cette chose qui palpite. Selon cette analogie, le monde a commencé à exister à la suite de rapport sexuel de deux autres univers kangourouesques.] Quoique il en soit l’argument de Dieu l’horloger ne fonctionnera pour vous que si vous acceptez cette perspective nouvelle selon laquelle l’univers est une sorte d’horloge.

Voici justement une blague qui vient vous couper l’herbe sous le pied : « Une octogénaire se précipite dans la salle des hommes de la maison de retraite où elle habite. Elle soulève son poing fermé et lance : « Quiconque devine ce que je tiens dans ma main peut faire l’amour avec moi ce soir. » Un vieil homme rétorque aussitôt : « Un éléphant? » La femme demeure un moment pensive, puis elle dit : «C’est assez proche pour être accepté! Bonne réponse.»

Ici, une histoire qui commence comme étant une histoire de concours devient tout à coup une histoire qui concerne une femme dont l’appétit est tel qu’elle ne tient aucun compte des règles du concours.


4. Trouvez-vous qu’en général les philosophes ont le sens de l’humour? Et si c’est le cas, leur sens de l’humour est-il particulier?


Si nos souvenirs sont exacts, durant toutes nos études en philosophie nous n’avons entendu de tous nos professeurs qu’une seule blague; et elle n’était pas exactement à se rouler par terre! Henry David Aiken nous parlait des théories de la vérité et il prenait comme exemple la proposition : « La chatte est sur le tapis. »

« Selon la théorie de la vérité comme correspondance, continua-t-il, la proposition : ‘La chatte est sur le tapis’, est vraie si et seulement si il y a en fait … ‘une minette sur la carpette’. »

Si vous ne la trouvez pas terrible, on ne peut même pas vous dire qu’il fallait être là : nous y étions et ce n’était pas drôle!

Donc, pour répondre à votre question en se fondant sur notre expérience : un sens de l’humour? Non; particulier? Oui!

La remarque de Wittgenstein est célèbre : Un ouvrage philosophique et sérieux pourrait être écrit qui serait entièrement composé de blagues. Hélas, Wittgenstein n’a jamais écrit un tel ouvrage et personne ne semble avoir la moindre idée de ce qu’il voulait dire. (Selon ses biographes, s’il y a une chose que Ludwig n’était pas, c’est drôle.)
Le philosophe se caractérise peut être plus par son esprit que par son humour. La capacité de produire un mot d’esprit est celle de trouver le bon mot, et cela pourrait être rapproché de la capacité du philosophe à trouver le mot juste.

L’histoire de la réponse que Sydney Morganbesser fît à John Austin est peut-être une légende urbaine, mais elle constitue un bon exemple de ce que nous voulons dire.
Austin, raconte-t-on, expliquait à son auditoire qu’en anglais une double négation produit une affirmation — par exemple, dire d’une personne qu’elle n’est pas inattrayante signifie qu’elle est attrayante. Austin poursuivit en disant qu’il n’y a cependant aucune langue dans laquelle une double affirmation produit une négation. Morganbesser, dans la salle, aurait alors lancé : « Ouais, ouais … »

5. Il existe plusieurs célèbres théories philosophiques de l’humour. En avez-vous une préférée?

Notre suggestion que les blagues viennent vous couper l’herbe sous le pied et tromper vos attentes nous placerait fermement dans le camp des théoriciens de l’incongruité, théorie dont les plus célèbres défenseurs sont Kant et Schopenhauer. Selon ce point de vue, les éléments d’absurdité et de surprise sont des éléments essentiels de l’humour.

Mais nous pensons qu’il y a aussi quelque chose de vrai dans la théorie de la supériorité défendue par Thomas Hobbes. Cette «soudaine gloire» n’est pas seulement, comme il l’écrit , cette « passion […] causée soit par quelque action soudaine dont on est content, soit par la saisie en l'autre de quelque difformité, en comparaison de laquelle on s'applaudit soudainement soi-même .» C’est aussi le plaisir que nous prenons à savourer notre propre perspicacité. On comprend! On est aussi brillant que la personne qui a conté la blague! On appartient à une élite dont sont exclus ceux qui ne la comprennent pas.

Quoique il en soit, il nous semble que les psychologues expliquent mieux ce qui nous fait rire — à savoir, les mêmes choses qui nous angoissent, comme le sexe ou la mort. Nous faisons des blagues à propos de ces choses, assurent les psychologues, afin de calmer un moment ces angoisses. Essayez juste pour voir de trouver une blague vraiment hilarante qui soit réellement à propos d’une banane molle.

6. À l’intention des personnes qui ne connaîtraient pas vos ouvrages, pourriez-vous nous donner un exemple d’une notion philosophique qu’on peut enseigner ou illustrer à l’aide d’une blague.

Un seul exemple?! Mais nous en avons des millions!

Dans le monde occidental, l’empirisme est de loin la théorie de la connaissance la plus acceptée. À partir du XVIII e siècle, il a été admis comme allant de soi que c’est à travers nos expériences sensorielles que nous acquérons notre connaissance du monde extérieur. En fait, il ne serait aucunement exagéré de dire que l’empirisme est en Occident notre épistémologie commune spontanée. Si quelqu’un affirme quelque chose qui est censé être un fait, on tient pour acquis que c’est par observation qu’il a connu ce fait, et non en découvrant dans sa tête une idée innée qui aurait été implantée là par Dieu.

Considérez à présent ceci.

Trois femmes se tiennent dans le vestiaire du Club auquel elles appartiennent, quand tout à coup surgit un homme entièrement nu — du moins si on excepte le sac qu’il a sur la tête. La première femme le regarde de haut en bas et dit : « Au moins, ce n’est pas mon mari!» La deuxième femme le regarde elle aussi et lance : « En effet! » La troisième femme déclare : « Il n’est même pas membre de notre Club. »

C’est que l’empirisme, bien entendu, signifie plus que la simple observation : nous devons aussi interpréter notre expérience et, pour cela, faire intervenir nos expériences passées, évaluer des probabilités, et ainsi de suite.

Voyez encore.

Trois blondes ont soumis leur candidature pour devenir détective. Le détective en chef propose de leur faire passer un test tout simple : il va leur montrer la photographie d’un suspect durant cinq secondes, après quoi la postulante lui dira quelle conclusion relative au suspect elle a tiré de cette observation.

Il montre donc la photo à la première blonde, qui dit : « Mon Dieu! Celui-là va être tellement facile à attraper. Il n’a qu’un œil! » Le détective en chef lui dit : « Euh… mademoiselle, la photographie représente l’homme de profil. C’est pour cela qu’il semble n’avoir qu’un seul œil. Je suis désolé, mais vous ne possédez pas les qualifications que nous recherchons. »

Il montre ensuite la photographie à la deuxième blonde, qui s’écrie aussitôt: « Wow! Ça va être facile. Le suspect n’a qu’une seule oreille. » Le détective en chef n’en revient pas. « Madame, lui dit-il, je crains que le métier de détective ne soit pas pour vous. »

Il passe à la dernière postulante et lui montre la photographie. Elle réfléchit un moment et dit : « Il est évident que le suspect porte des verres de contact. » Le détective en chef est très étonné. Comme il ne sait pas si le suspect porte ou non des verres de contact, il s’excuse auprès de la candidate le temps d’aller à son bureau consulter le dossier du suspect. Et en effet, ce dernier porte des verres de contact! Notre homme est très impressionné. Il retourne voir la postulante et lui demande quelles observations lui ont permis d’arriver à cette conclusion. Elle répond : « Facile! Il ne peut pas porter de lunettes, étant donné qu’il n’a qu’un œil et qu’une oreille! »

Une dernière? Nous, on ne sait pas s’arrêter!

Lorsque nous pensons à des données empiriques, on pense en général à ce qu’on a vu. Bien entendu, nos quatre autres sens peuvent eux aussi nous fournir des données. L’homme dans l’histoire qui suit commet justement l’erreur de supposer qu’un homme aveugle n’aurait pas d’autres moyens de vérification par les sens.

Un homme entre dans un bar et demande à boire. Le barman lui dit : « Vous ne pouvez emmener de chien ici! » Du tac au tac, l’homme lui répond : « C’est mon chien d’aveugle. » « Oh! Je suis désolé, dit le barman. Votre première consommation est pour moi. » L’homme prend son verre et va s’asseoir à une table près de la porte. Un autre homme entre dans le bar, lui aussi avec un chien. Le premier homme l’arrête et lui dit : « Ils ne te laisseront pas amener ton chien ici à moins que tu ne leur dises que c’est un chien d’aveugle. » Le deuxième homme le remercie du conseil et va au bar, où il demande une consommation. Le barman lui dit : « Vous ne pouvez pas avoir de chien avec vous ici. » L’homme répond : « C’est mon chien d’aveugle. » Le barman dit : « Ça m’étonnerait : on ne prend pas des chihuahuas comme chien d’aveugles. » L’homme demeure une demi-seconde interloqué, puis répond : « Quoi!?!? Ils m’ont donné un chihuahua?!?! »

7. Auriez-vous, à l’intention des professeurs de philosophie, quelques recommandations pédagogiques concernant l’utilisation de l’humour en classe?

Tout à fait : Achetez Platon et son ornithorynque entrent dans un bar, en vente dans toutes les bonnes librairies. Si vous préférez le lire en catalan, ce sera : Plato Y un Ornitorrinc entren en un bar. Malheureusement, si vous préférez le bulgare…

Mais sérieusement, nous pensons réellement que l’humour peut jouer le rôle d’un outil mnémotechnique, si du moins la blague ou le mot d’esprit est suffisamment semblable à ce que vous tentez de faire comprendre. Ce ne sont pas toutes les blagues dans Platon et son ornithorynque qui sont de ce calibre. Mais qui, après avoir entendu parler de Madame Goldstein, pourrait ne plus se rappeler du concept aristotélicien du telos — cette tendance interne vers une finalité que possède tout ce qui peuple l’univers.
Madame Goldstein déambulait sur la rue avec ses deux petits-fils, quand elle croisa un ami qui lui demanda leurs âges. Elle répondit : « Le médecin a cinq ans et l’avocat sept!»

Une autre retombée positive de l’utilisation de l’humour dans l’enseignement de la philosophie, tout particulièrement avec des débutants, est que cela démystifie la philosophie et la ramène sur terre. La philosophie a la réputation d’être quelque chose de ridiculement complexe et elle l’a au moins depuis qu’Aristophane a écrit Les nuées. Il nous semble qu’un soupçon de dérision ne saurait nuire. Racontez quelques bonne blagues idiotes et ensuite, mais ensuite seulement, abordez les antinomies kantiennes de la raison pure. Ça fonctionne à merveille!

8. La demande pour la philosophie semble de nos jours s’accroître et le succès de votre livre en témoigne. Pensez-vous que la philosophie soit en ce moment de plus en plus populaire? Et si c’est le cas, comment l’expliquez-vous?

Il semble bien qu’aux Etats-Unis le nombre d’étudiants qui s’inscrivent en philosophie soit en croissance. Nous avons quelques idées pour expliquer cela. Tout d’abord, de nos jours, le fait de poursuivre des études ne garantit pas qu’on obtiendra un bon emploi : et puisque c’est le cas, pourquoi ne pas étudier quelque chose d’inutile et d’intéressant?

Par ailleurs, les idées reçues se sont fait énormément malmener depuis quelque temps. Il est devenu plus difficile que jamais de croire, disons, un prêtre, quand on découvre qu’il avait de biens vilaines pratiques avec ses servants de messe; ou un politicien dont on découvre qu’il est … un politicien. Tout cela nous laisse avec un bien difficile problème : celui de devoir penser par nous-mêmes. La philosophie aide à le faire. En tout cas, cela arrive parfois…

(Propos recueillis et traduits par Normand Baillargeon)

Les auteurs

Si on veut être généreux, on dira de Tom Cathcart qu’il a eu une carrière très variée : il a travaillé auprès des gangs de rues à Chicago, a été professeur au Collège Westbrook Jr (Maine), a été administrateur pour Blue Cross et Blue Shield, administrateur dans un hôpital puis dans un centre de soins palliatifs pour patients avec HIV ou Sida, enfin, directeur de programmes pour une agence de santé mentale. Il est terriblement grand et clame qui veut l’entendre qu’il a dans tout le pays la réputation d’être un aimant à filles.

Tout comme Tom, Dan Klein est un diplômé de philosophie de Harvard et il a coécrit Plato and a Platypus, Aristotle and an Aardvark, et Macho Méditations. Il est chauve. Contrairement à Tom, Dan n’a jamais fait une seule journée de travail honnête de sa vie, qu’il a gagnée en étant auteur pour la télévision (il a écrit pour Candid Camera, pour des Quiz ainsi que des textes pour les comédiens Flip Wilson et David Frye.) Il est également auteur de fictions : il a signé des thrillers médicaux, Embryo, Wavelengths, Beauty Sleep, ainsi que des dramatiques policières consacrées à Elvis Presley : Kill me Tender, Blue Suede Clues, etc.
Contrairement à Tom, Dan est petit

5 commentaires:

Jean-Joël Kauffmann a dit…

Bonjour,

"L'inquiétude, la crainte, l'abattement n'éloignent pas la mort, au contraire ; je doute seulement que le rire excessif convienne aux hommes, qui sont mortels."

Jean de La Bruyère (1645-1696), "Les Caractères", XI, 37.

J'ai énormément de peine à comprendre, voire à tolérer les gens qui trouvent l'humour moralement admissible, quand le monde, depuis que l'être humain y est apparu, n'est qu'un vaste bain de sang et d'atrocités.

JJK

Normand Baillargeon a dit…

@JJ: Peut-être, justement, pour l'oublier un moment. «Le rire est une vertu que Dieu a donné aux hommes pour les consoler d'être intelligents (lucides?)», disait à peu près Marcel Pagnol.

Mais vus avez raison de soulever l'intéressante question de la, disons, moralité du rire (et derrière elle celle de savoir si on peut rire de tout) dans le livre, certains auteurs les traitent.

Normand

Gabriel a dit…

Ce livre m'intéresse particulièrement... Rire et philosophie! J'ai souvenir quand même qu'un prof de l'UdeM et un de l'UQAM fîrient des blagues en classe. Le plus drôle, c'est quand le prof de philo ancien lance une petite pointe contre un ancien ou en reprend un mot d'esprit.

Francis a dit…

JJK,

Vous avez l'air fort attaché à votre perspective du monde qui effectivement un coup accepté pose la question de la moralité du rire qui vous donne «beaucoup de peine».

Mais je dois dire qu'empiriste, je n'ai vu le sang de visu que parce que je me suis infligé quelques coupures bêtes et que j'ai été faire des prises de sang pour voir si mon corps allait bientôt être mortel.

Je dois être assez chanceux! Ce n'est pas pour demain.

Vous devriez essayer: Le monde est un kangourou! C'est sauté!!!

Francis a dit…

Ah oui, faites gaffe sous les cadrages de portes: ça «punche»!