vendredi, décembre 26, 2008

RÉFORME: NOUVELLE CONFIRMATION QUE ÇA NE VA PAS BIEN

Un article de Daphnée Dion-Viens, dans Le Soleil du 26 décembre.

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(Québec) Au primaire, les résultats des élèves en français continuent de se détériorer, confirmant la tendance observée depuis la mise en place de la réforme en 2000.

Le taux de réussite des élèves de sixième année à l'épreuve d'écriture a encore chuté entre 2005 et 2006, passant de 83 % à 81 %. En 2000, ils étaient pourtant 90 % à réussir cet examen.

Les chiffres de 2006 sont les résultats les plus récents compilés par le ministère de l'Éducation. Le document de travail remis au Soleil fait aussi état d'un écart grandissant entre filles et garçons : 89 % des écolières ont réussi l'épreuve de français, contre 74 % pour leurs camarades de classe. En 2005, 78 % des garçons obtenaient la note de passage, contre... 89 % en 2000.

Ces résultats confirment la tendance observée entre 2000 et 2005, qui a fait l'objet d'un rapport remis il y a deux ans à la Table de pilotage sur le renouveau pédagogique. À la lumière de ces résultats décevants, Québec avait alors annoncé un important virage afin de «réformer la réforme».

Depuis, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a aussi présenté en février un plan d'action pour l'amélioration de l'enseignement du français, qui a reçu un accueil plutôt favorable. La plupart des 22 mesures comprises dans ce plan sont en vigueur depuis septembre.

Les résultats détaillés de l'année 2006 nous apprennent que c'est l'orthographe qui a donné le plus de fil à retordre aux élèves : 77 % ont réussi ce critère en 2005 contre 68 % en 2006. Les erreurs les plus fréquentes sont d'ordre grammatical, peut-on lire dans le document. Pour réussir cet examen, l'élève doit faire moins de 10?% de fautes dans un texte.

Parmi les cinq éléments évalués (vocabulaire, syntaxe et ponctuation, pertinence et suffisance des idées, organisation du texte, orthographe), la syntaxe et la ponctuation est le seul critère qui a été mieux réussi qu'en 2005, même si le score reste inférieur à celui de 2000. Le rapport du ministère stipule que «les taux de réussite constituent une base valable de comparaison pour les trois années retenues étant donné que les conditions d'échantillonnage et de correction sont les mêmes». Il recommande «d'apporter des correctifs nécessaires pour favoriser une meilleure réussite chez les élèves».

Résultats décevants

À la Fédération des syndicats de l'enseignement, on juge ces résultats décevants. La porte-parole, Sylvie Lemieux, a réitéré «l'urgence de poursuivre la réforme de la réforme en cours», notamment en revoyant les programmes de français afin de mettre l'accent sur l'acquisition de connaissances.

Fin octobre, le ministère publiait un premier document précisant les connaissances à acquérir en orthographe et en conjugaison au primaire. D'autres documents du même genre suivront au cours des prochains mois.

Parmi les mesures comprises dans le plan d'action de la ministre Courchesne, on trouve aussi des séances de lecture quotidienne, la rédaction d'un texte par semaine de même que l'embauche de nouveaux bibliothécaires et de conseillers pédagogiques en français. Les exigences de réussite à l'épreuve d'écriture de sixième année seront aussi rehaussées, notamment en orthographe.

4 commentaires:

Jean-no a dit…

Je ne connais pas du tout les études du même genre en France mais j'ai vraiment l'impression que nous sommes dans le même genre de processus. Et à vrai dire, je pense que ça concerne aussi les adultes, c'est à dire que la maîtrise du français par les adultes baisse, en tout cas dans certains milieux. J'ai aussi l'impression (on reste dans l'empirisme) que toute une partie de la population s'intéresse au sujet, réapprend à écrire et à lire, et que cela est sans doute en rapport avec Internet, média textuel par excellence.
Enfin je dis ça mais la lecture de ce petit florilège de requêtes google montre qu'il ne suffit pas d'être internaute pour savoir écrire.
Comme prof du supérieur (en arts), je vois passer des textes d'étudiants très divers, certains sont à la limite du lisible parce que leurs auteurs, bien que bacheliers, ne savent pas écrire du tout et qu'il est même confondant et inquiétant que leur inaptitude à la rédaction ait été couronnée d'un diplôme.
D'autres sont illisibles alors que leurs auteurs savent écrire mais ne savent en revanche pas rassembler leurs idées et sont facilement satisfaits par le flou poétique et les grands mots.
Enfin, certains écrivent de manière tout à fait lisible.
Je pense qu'on surestime un peu le pouvoir de nuisance de la pédagogie scolaire et que la raison est bien plus grave, et externe au monde scolaire. Et la raison (c'est mon hypothèse) est la fin de la bourgeoisie du XIXe siècle qui plaçait la culture assez haut. Nous n'avons plus de bourgeois, nous n'avons plus que des riches, et ça n'est pas du tout pareil. Les aspirations sociales populaires en ont été chamboulées, un gamin issu d'un milieu dit défavorisé identifie l'ascension sociale au fait d'avoir une grosse voiture rouge plus qu'à celui d'avoir une bibliothèque de milliers de livres ou d'acquérir des oeuvres d'art.
Enfin c'est mon hypothèse. Et si j'ai raison, alors on a toutes les raisons de regretter les bourgeois. Il y a d'autres raisons, peut-être liées, comme le fait que l'école et le savoir en général sont considérés à présent (par les élèves, leurs parents, mais aussi l'état) comme des moyens de trouver un emploi, de gagner de l'argent, alors seul ce qu'on croit vaguement rémunérateur ou lié à l'entreprise (c'est à dire quasiment rien de ce qu'on apprend à l'école) est considéré comme important. La culture littéraire, mais aussi la culture scientifique, semblent inutiles à ceux qui veulent être ou fabriquer des bons petits "boulons" pour l'économie qui a plus besoin de consommateurs insatiables que de gens formés, compétents et intelligents.

En tout cas les enseignants ne doivent pas s'auto-flageller, le problème est culturel et général (ça vexe certains mais il faut admettre que l'école n'a jamais réellement été un sanctuaire imperméable, son influence dépend totalement des aspirations sociales extérieures) et ce n'est pas la pédagogie qui pourra apporter toutes les solutions.

Jean-no a dit…

Oups! J'ai cliqué sur "publier" au lieu de "aperçu". Du coup tout ça est peut-être bourré de fautes ou de phrases bancales, ce qui serait un comble sachant le sujet.

bazarboy a dit…

Rien à voir, mais
Bonnes fêtes Normand et à tous les bloggers de passage par ici

2009
année de la teuf ???
ou des keufs ?

Anti-athée a dit…

Je vois que vous êtes fier d'être athée, excellent, je vous défie à une joute intellectuelle (prix 1000 $) ici :

http://www.inquisition.ca/fr/philo/essai/joute.htm