Michel Delord me demande, si j'ai bien compris, 5 textes défendant ou du moins présentant sous un jour favorable la réforme de l'éducation au Québec et cinq autres textes la critiquant. Ces dix textes devraient aider des non-québécois à se faire une idée de ce qui s'est joué et se joue encore ici en éducation.
Des avis?
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mercredi, mars 10, 2010
vendredi, décembre 26, 2008
RÉFORME: NOUVELLE CONFIRMATION QUE ÇA NE VA PAS BIEN
Un article de Daphnée Dion-Viens, dans Le Soleil du 26 décembre.
***
(Québec) Au primaire, les résultats des élèves en français continuent de se détériorer, confirmant la tendance observée depuis la mise en place de la réforme en 2000.
Le taux de réussite des élèves de sixième année à l'épreuve d'écriture a encore chuté entre 2005 et 2006, passant de 83 % à 81 %. En 2000, ils étaient pourtant 90 % à réussir cet examen.
Les chiffres de 2006 sont les résultats les plus récents compilés par le ministère de l'Éducation. Le document de travail remis au Soleil fait aussi état d'un écart grandissant entre filles et garçons : 89 % des écolières ont réussi l'épreuve de français, contre 74 % pour leurs camarades de classe. En 2005, 78 % des garçons obtenaient la note de passage, contre... 89 % en 2000.
Ces résultats confirment la tendance observée entre 2000 et 2005, qui a fait l'objet d'un rapport remis il y a deux ans à la Table de pilotage sur le renouveau pédagogique. À la lumière de ces résultats décevants, Québec avait alors annoncé un important virage afin de «réformer la réforme».
Depuis, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a aussi présenté en février un plan d'action pour l'amélioration de l'enseignement du français, qui a reçu un accueil plutôt favorable. La plupart des 22 mesures comprises dans ce plan sont en vigueur depuis septembre.
Les résultats détaillés de l'année 2006 nous apprennent que c'est l'orthographe qui a donné le plus de fil à retordre aux élèves : 77 % ont réussi ce critère en 2005 contre 68 % en 2006. Les erreurs les plus fréquentes sont d'ordre grammatical, peut-on lire dans le document. Pour réussir cet examen, l'élève doit faire moins de 10?% de fautes dans un texte.
Parmi les cinq éléments évalués (vocabulaire, syntaxe et ponctuation, pertinence et suffisance des idées, organisation du texte, orthographe), la syntaxe et la ponctuation est le seul critère qui a été mieux réussi qu'en 2005, même si le score reste inférieur à celui de 2000. Le rapport du ministère stipule que «les taux de réussite constituent une base valable de comparaison pour les trois années retenues étant donné que les conditions d'échantillonnage et de correction sont les mêmes». Il recommande «d'apporter des correctifs nécessaires pour favoriser une meilleure réussite chez les élèves».
Résultats décevants
À la Fédération des syndicats de l'enseignement, on juge ces résultats décevants. La porte-parole, Sylvie Lemieux, a réitéré «l'urgence de poursuivre la réforme de la réforme en cours», notamment en revoyant les programmes de français afin de mettre l'accent sur l'acquisition de connaissances.
Fin octobre, le ministère publiait un premier document précisant les connaissances à acquérir en orthographe et en conjugaison au primaire. D'autres documents du même genre suivront au cours des prochains mois.
Parmi les mesures comprises dans le plan d'action de la ministre Courchesne, on trouve aussi des séances de lecture quotidienne, la rédaction d'un texte par semaine de même que l'embauche de nouveaux bibliothécaires et de conseillers pédagogiques en français. Les exigences de réussite à l'épreuve d'écriture de sixième année seront aussi rehaussées, notamment en orthographe.
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(Québec) Au primaire, les résultats des élèves en français continuent de se détériorer, confirmant la tendance observée depuis la mise en place de la réforme en 2000.
Le taux de réussite des élèves de sixième année à l'épreuve d'écriture a encore chuté entre 2005 et 2006, passant de 83 % à 81 %. En 2000, ils étaient pourtant 90 % à réussir cet examen.
Les chiffres de 2006 sont les résultats les plus récents compilés par le ministère de l'Éducation. Le document de travail remis au Soleil fait aussi état d'un écart grandissant entre filles et garçons : 89 % des écolières ont réussi l'épreuve de français, contre 74 % pour leurs camarades de classe. En 2005, 78 % des garçons obtenaient la note de passage, contre... 89 % en 2000.
Ces résultats confirment la tendance observée entre 2000 et 2005, qui a fait l'objet d'un rapport remis il y a deux ans à la Table de pilotage sur le renouveau pédagogique. À la lumière de ces résultats décevants, Québec avait alors annoncé un important virage afin de «réformer la réforme».
Depuis, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a aussi présenté en février un plan d'action pour l'amélioration de l'enseignement du français, qui a reçu un accueil plutôt favorable. La plupart des 22 mesures comprises dans ce plan sont en vigueur depuis septembre.
Les résultats détaillés de l'année 2006 nous apprennent que c'est l'orthographe qui a donné le plus de fil à retordre aux élèves : 77 % ont réussi ce critère en 2005 contre 68 % en 2006. Les erreurs les plus fréquentes sont d'ordre grammatical, peut-on lire dans le document. Pour réussir cet examen, l'élève doit faire moins de 10?% de fautes dans un texte.
Parmi les cinq éléments évalués (vocabulaire, syntaxe et ponctuation, pertinence et suffisance des idées, organisation du texte, orthographe), la syntaxe et la ponctuation est le seul critère qui a été mieux réussi qu'en 2005, même si le score reste inférieur à celui de 2000. Le rapport du ministère stipule que «les taux de réussite constituent une base valable de comparaison pour les trois années retenues étant donné que les conditions d'échantillonnage et de correction sont les mêmes». Il recommande «d'apporter des correctifs nécessaires pour favoriser une meilleure réussite chez les élèves».
Résultats décevants
À la Fédération des syndicats de l'enseignement, on juge ces résultats décevants. La porte-parole, Sylvie Lemieux, a réitéré «l'urgence de poursuivre la réforme de la réforme en cours», notamment en revoyant les programmes de français afin de mettre l'accent sur l'acquisition de connaissances.
Fin octobre, le ministère publiait un premier document précisant les connaissances à acquérir en orthographe et en conjugaison au primaire. D'autres documents du même genre suivront au cours des prochains mois.
Parmi les mesures comprises dans le plan d'action de la ministre Courchesne, on trouve aussi des séances de lecture quotidienne, la rédaction d'un texte par semaine de même que l'embauche de nouveaux bibliothécaires et de conseillers pédagogiques en français. Les exigences de réussite à l'épreuve d'écriture de sixième année seront aussi rehaussées, notamment en orthographe.
Libellés :
Normand Baillargeon,
réforme de l'éducation (québec)
dimanche, décembre 14, 2008
LA RÉFORME DE L'ÉDUCATION: ARTICLE DU DEVOIR
Résultats québécois aux tests internationaux en sciences et mathématiques - Il faut continuer à réformer la réforme, disent les enseignants
Stéphane Baillargeon
Édition du vendredi 12 décembre 2008
Mots clés : Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), Réforme scolaire, Éducation, Québec (province)
La Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) ne se dit pas surpris par la dégringolade des élèves québécois du secondaire aux tests internationaux en sciences et en mathématiques, et l'attribue à un autre effet pervers de la réforme des programmes scolaires. Le syndicat lie aussi la légère remontée du côté du primaire aux correctifs apportés depuis quelque temps à la même refonte générale des balises programmatiques.
«Après avoir insisté pendant plusieurs années sur les redressements nécessaires à apporter, nous ne pouvons que demander une fois de plus au gouvernement qu'il poursuive les travaux amorcés pour réformer la réforme, dit le communiqué émis hier. Par ailleurs, le ministère de l'Éducation devra mieux baliser l'intégration des élèves en difficulté dans les classes ordinaires et en établir les limites, diminuer le nombre des élèves par classe et revoir la politique d'évaluation des apprentissages.»
L'enquête internationale sur les mathématiques et les sciences (TEIMS 2007), dont les résultats viennent de paraître, permet de comparer les résultats des élèves du deuxième secondaire de
49 pays. En sciences, les jeunes adolescents québécois (une des premières de la réforme) tombent du 10e au 19e rang et obtiennent leur plus bas score provincial depuis 1995. En mathématiques, le recul fait passer le groupe de la sixième à la huitième place.
La tendance se renverse avec les petits Québécois de quatrième année, qui réussissent mieux que leur aînés du test mondial de 2003. Cette cohorte du primaire gagne quelques points en maths (de 506 à 519) et en sciences (de 500 à 517), sans atteindre les scores de 1995. Les résultats se situant entre 475 et 549 sont considérés par les enquêteurs comme intermédiaires, sur une échelle prévoyant aussi un rendement inférieur (bas) et deux niveaux supérieurs (élevé et avancé).
Les chercheurs Normand Péladeau et Steve Bissonnette, cités hier dans Le Soleil, estiment qu'effectivement les modifications apportées à la réforme québécoise au cours des dernières années pourraient expliquer le renversement de tendance. Des changements permettent par exemple maintenant aux enseignants de choisir plus librement la matière transmise.
Fait à noter, par contraste, le rendement des élèves de 4e et de 8e année de l'Ontario n'a pratiquement pas bougé depuis 1995. Les scores de ces jeunes voisins s'avèrent d'ailleurs généralement similaires à ceux du Québec en mathématiques au primaire, mais inférieurs au secondaire. En sciences, les Ontariens obtiennent de meilleurs résultats que les Québécois. Dans tous les cas, quelques pays asiatiques (Hong Kong, Singapour, Japon, Corée, Chine-Taipei) occupent les positions de tête.
L'Alberta et la Colombie-Britannique ont également participé à l'étude. Le projet Tendances de l'enquête internationale sur les mathématiques et les sciences découle d'une enquête mondiale coordonnée par l'Association internationale l'évaluation des acquis scolaires (IEA).
Le ministère de l'Éducation n'a émis aucun commentaire.
Stéphane Baillargeon
Édition du vendredi 12 décembre 2008
Mots clés : Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), Réforme scolaire, Éducation, Québec (province)
La Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) ne se dit pas surpris par la dégringolade des élèves québécois du secondaire aux tests internationaux en sciences et en mathématiques, et l'attribue à un autre effet pervers de la réforme des programmes scolaires. Le syndicat lie aussi la légère remontée du côté du primaire aux correctifs apportés depuis quelque temps à la même refonte générale des balises programmatiques.
«Après avoir insisté pendant plusieurs années sur les redressements nécessaires à apporter, nous ne pouvons que demander une fois de plus au gouvernement qu'il poursuive les travaux amorcés pour réformer la réforme, dit le communiqué émis hier. Par ailleurs, le ministère de l'Éducation devra mieux baliser l'intégration des élèves en difficulté dans les classes ordinaires et en établir les limites, diminuer le nombre des élèves par classe et revoir la politique d'évaluation des apprentissages.»
L'enquête internationale sur les mathématiques et les sciences (TEIMS 2007), dont les résultats viennent de paraître, permet de comparer les résultats des élèves du deuxième secondaire de
49 pays. En sciences, les jeunes adolescents québécois (une des premières de la réforme) tombent du 10e au 19e rang et obtiennent leur plus bas score provincial depuis 1995. En mathématiques, le recul fait passer le groupe de la sixième à la huitième place.
La tendance se renverse avec les petits Québécois de quatrième année, qui réussissent mieux que leur aînés du test mondial de 2003. Cette cohorte du primaire gagne quelques points en maths (de 506 à 519) et en sciences (de 500 à 517), sans atteindre les scores de 1995. Les résultats se situant entre 475 et 549 sont considérés par les enquêteurs comme intermédiaires, sur une échelle prévoyant aussi un rendement inférieur (bas) et deux niveaux supérieurs (élevé et avancé).
Les chercheurs Normand Péladeau et Steve Bissonnette, cités hier dans Le Soleil, estiment qu'effectivement les modifications apportées à la réforme québécoise au cours des dernières années pourraient expliquer le renversement de tendance. Des changements permettent par exemple maintenant aux enseignants de choisir plus librement la matière transmise.
Fait à noter, par contraste, le rendement des élèves de 4e et de 8e année de l'Ontario n'a pratiquement pas bougé depuis 1995. Les scores de ces jeunes voisins s'avèrent d'ailleurs généralement similaires à ceux du Québec en mathématiques au primaire, mais inférieurs au secondaire. En sciences, les Ontariens obtiennent de meilleurs résultats que les Québécois. Dans tous les cas, quelques pays asiatiques (Hong Kong, Singapour, Japon, Corée, Chine-Taipei) occupent les positions de tête.
L'Alberta et la Colombie-Britannique ont également participé à l'étude. Le projet Tendances de l'enquête internationale sur les mathématiques et les sciences découle d'une enquête mondiale coordonnée par l'Association internationale l'évaluation des acquis scolaires (IEA).
Le ministère de l'Éducation n'a émis aucun commentaire.
Libellés :
le Devoir,
réforme de l'éducation (québec),
Stéphane Baillargeon
mercredi, novembre 19, 2008
DES NOUVELLES DE LA RÉFORME DE l'ÉDUCATION- ARTICLE DE J-P. PINEAULT
Échec au cœur de la réforme
Jean-Philippe Pineault
Journal de Montréal
19/11/2008 08h54
Le cœur de la réforme qui met de l'avant le programme controversé de la pédagogie par projets est un «échec », révèle une étude dont le Journal a obtenu copie.
L'enquête, réalisée par des chercheurs de l'Université de Montréal pour le compte du Comité de gestion de la taxe scolaire de l'île de Montréal, révèle que dans les écoles où les enseignants font très souvent des projets de groupe, la proportion d'élèves qui obtiennent un diplôme au secondaire s'élève à peine à 55 %.
À l'inverse, dans les établissements où les enseignants boudent cette nouvelle méthode, le taux de diplomation atteint 86 %.
«C'est vrai que c'est embêtant pour ceux qui mettent de l'avant ces méthodes pédagogiques », affirme Pierre Lapointe, l'un des coauteurs de l'étude et professeur à l'Université de Montréal, qui ajoute que «sur le plan politique, cette étude peut être effectivement agaçante pour plusieurs».
Le chercheur est toutefois d'avis que cela ne remet pas en cause la réforme. «Ça continue d'alimenter la controverse, mais on ne peut pas penser qu'un nouveau programme a juste des effets positifs », dit-il.
Enseignement traditionnel
L'enseignement traditionnel obtient une bien meilleure note. Dans les écoles où les profs pratiquent très souvent l'enseignement magistral, la proportion d'élèves obtenant un diplôme atteint 76 % tandis qu'elle est de 67 % dans les établissements où on ne le pratique qu'occasionnellement.
«Ce sont des résultats assez troublants. La réforme a échoué dans ses fondements », juge Steve Bissonnette, professeur de psychoéducation et de psychologie à l'Université du Québec en Outaouais.
Virage à 180 degrés
Robert Comeau, professeur associé au Département d'histoire de l'UQAM, qui a dirigé le collectif Contre la réforme pédagogique qui vient d'être publié, est d'avis qu'il faut effectuer un virage à 180 degrés.
«Le problème, en ce moment, c'est qu'on essaie de changer des morceaux à la pièce, comme les bulletins. C'est la base de la réforme qu'il faut changer », dit-il.
François Paquette, vice-président de la Fédération des comités de parents, est d'avis que l'étude «questionne la pédagogie par projets », mais estime que la réforme ne doit pas être jetée à la poubelle pour autant.
# Pour leur étude, les chercheurs ont eu recours à des données de quatre cohortes d'élèves entrés à l'école entre 1998 et 2001, totalisant 72 698 jeunes de l'île de Montréal. De plus, 212 enseignants ont répondu à un questionnaire et 30 directions d'école ont été interviewées.
AUTRES CONSTATATIONS RÉSULTANT DE L'ÉTUDE
DÉMÉNAGEMENT DANGEREUX
50%
Si vous pensez aider votre enfant en lui offrant une nouvelle école, vous faites erreur. La proportion d'élèves ayant changé d'école une fois pendant leur secondaire et qui obtiennent leur diplôme est de 50 %. Leurs camarades qui ont fait toutes leurs études dans le même établissement décrochent leur diplôme dans une proportion de 66 %.
INTERRUPTION DES ÉTUDES
9%
Les élèves qui interrompent leurs études secondaires pendant une année sont pratiquement assurés de ne pas obtenir leur diplôme. À peine 9 % des jeunes ayant fait une pause pendant leur cursus scolaire obtiennent en effet leur diplôme à l'âge de 20 ans ou moins.
PLUS DE CHANCES AU PRIVÉ
64%
Les élèves qui fréquentent un établissement privé ont cinq fois plus de chances d'obtenir un diplôme que ceux inscrits dans le réseau public. Près de 90 % des jeunes obtiennent un diplôme après cinq ans, comparativement à 64 % à l'école publique.
LES PROFS ONT UN IMPACT
57%
Les enseignants qui encouragent positivement leurs étudiants ont un impact indéniable sur leur réussite. Dans les écoles où les profs rapportent ne jamais faire de renforcement social, le taux de diplomation s'élève à 57 %, tandis qu'il est de 81 % dans les établissements où les enseignants disent adopter très souvent cette stratégie.
ENVIRONNEMENT POSITIF
53%
Les élèves des écoles où l'environnement dans les classes est perçu positivement ont plus de chances d'obtenir leur diplôme. Dans les établissements où les enseignants affirment que le climat éducatif est très favorable, le taux de diplomation atteint 79 %. Par contre, il est de 53 % dans les écoles où leurs collègues ont un avis opposé.
Source : Rapport sur l'environnement éducatif dans les écoles publiques et la diplomation des élèves de l'île de Montréal
ENSEIGNEMENT TRADITIONNEL ET PÉDAGOGIE PAR PROJETS
L'ENSEIGNEMENT MAGISTRAL
# Le prof utilise un enseignement plus traditionnel où il enseigne lui-même des notions et concepts. Les élèves réalisent par la suite des exercices pour s'assurer de leur bonne compréhension.
LA PÉDAGOGIE PAR PROJETS
# L'élève intègre plusieurs de ses apprentissages dans différentes matières en réalisant un projet. Épaulé par l'enseignant, l'élève prend en charge son apprentissage.
Source : Ministère de l'Éducation, du Loisir et des Sports
Jean-Philippe Pineault
Journal de Montréal
19/11/2008 08h54
Le cœur de la réforme qui met de l'avant le programme controversé de la pédagogie par projets est un «échec », révèle une étude dont le Journal a obtenu copie.
L'enquête, réalisée par des chercheurs de l'Université de Montréal pour le compte du Comité de gestion de la taxe scolaire de l'île de Montréal, révèle que dans les écoles où les enseignants font très souvent des projets de groupe, la proportion d'élèves qui obtiennent un diplôme au secondaire s'élève à peine à 55 %.
À l'inverse, dans les établissements où les enseignants boudent cette nouvelle méthode, le taux de diplomation atteint 86 %.
«C'est vrai que c'est embêtant pour ceux qui mettent de l'avant ces méthodes pédagogiques », affirme Pierre Lapointe, l'un des coauteurs de l'étude et professeur à l'Université de Montréal, qui ajoute que «sur le plan politique, cette étude peut être effectivement agaçante pour plusieurs».
Le chercheur est toutefois d'avis que cela ne remet pas en cause la réforme. «Ça continue d'alimenter la controverse, mais on ne peut pas penser qu'un nouveau programme a juste des effets positifs », dit-il.
Enseignement traditionnel
L'enseignement traditionnel obtient une bien meilleure note. Dans les écoles où les profs pratiquent très souvent l'enseignement magistral, la proportion d'élèves obtenant un diplôme atteint 76 % tandis qu'elle est de 67 % dans les établissements où on ne le pratique qu'occasionnellement.
«Ce sont des résultats assez troublants. La réforme a échoué dans ses fondements », juge Steve Bissonnette, professeur de psychoéducation et de psychologie à l'Université du Québec en Outaouais.
Virage à 180 degrés
Robert Comeau, professeur associé au Département d'histoire de l'UQAM, qui a dirigé le collectif Contre la réforme pédagogique qui vient d'être publié, est d'avis qu'il faut effectuer un virage à 180 degrés.
«Le problème, en ce moment, c'est qu'on essaie de changer des morceaux à la pièce, comme les bulletins. C'est la base de la réforme qu'il faut changer », dit-il.
François Paquette, vice-président de la Fédération des comités de parents, est d'avis que l'étude «questionne la pédagogie par projets », mais estime que la réforme ne doit pas être jetée à la poubelle pour autant.
# Pour leur étude, les chercheurs ont eu recours à des données de quatre cohortes d'élèves entrés à l'école entre 1998 et 2001, totalisant 72 698 jeunes de l'île de Montréal. De plus, 212 enseignants ont répondu à un questionnaire et 30 directions d'école ont été interviewées.
AUTRES CONSTATATIONS RÉSULTANT DE L'ÉTUDE
DÉMÉNAGEMENT DANGEREUX
50%
Si vous pensez aider votre enfant en lui offrant une nouvelle école, vous faites erreur. La proportion d'élèves ayant changé d'école une fois pendant leur secondaire et qui obtiennent leur diplôme est de 50 %. Leurs camarades qui ont fait toutes leurs études dans le même établissement décrochent leur diplôme dans une proportion de 66 %.
INTERRUPTION DES ÉTUDES
9%
Les élèves qui interrompent leurs études secondaires pendant une année sont pratiquement assurés de ne pas obtenir leur diplôme. À peine 9 % des jeunes ayant fait une pause pendant leur cursus scolaire obtiennent en effet leur diplôme à l'âge de 20 ans ou moins.
PLUS DE CHANCES AU PRIVÉ
64%
Les élèves qui fréquentent un établissement privé ont cinq fois plus de chances d'obtenir un diplôme que ceux inscrits dans le réseau public. Près de 90 % des jeunes obtiennent un diplôme après cinq ans, comparativement à 64 % à l'école publique.
LES PROFS ONT UN IMPACT
57%
Les enseignants qui encouragent positivement leurs étudiants ont un impact indéniable sur leur réussite. Dans les écoles où les profs rapportent ne jamais faire de renforcement social, le taux de diplomation s'élève à 57 %, tandis qu'il est de 81 % dans les établissements où les enseignants disent adopter très souvent cette stratégie.
ENVIRONNEMENT POSITIF
53%
Les élèves des écoles où l'environnement dans les classes est perçu positivement ont plus de chances d'obtenir leur diplôme. Dans les établissements où les enseignants affirment que le climat éducatif est très favorable, le taux de diplomation atteint 79 %. Par contre, il est de 53 % dans les écoles où leurs collègues ont un avis opposé.
Source : Rapport sur l'environnement éducatif dans les écoles publiques et la diplomation des élèves de l'île de Montréal
ENSEIGNEMENT TRADITIONNEL ET PÉDAGOGIE PAR PROJETS
L'ENSEIGNEMENT MAGISTRAL
# Le prof utilise un enseignement plus traditionnel où il enseigne lui-même des notions et concepts. Les élèves réalisent par la suite des exercices pour s'assurer de leur bonne compréhension.
LA PÉDAGOGIE PAR PROJETS
# L'élève intègre plusieurs de ses apprentissages dans différentes matières en réalisant un projet. Épaulé par l'enseignant, l'élève prend en charge son apprentissage.
Source : Ministère de l'Éducation, du Loisir et des Sports
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