samedi, avril 17, 2010

QUELQUES OBSERVATIONS DE CHOMSKY SUR CERTAINES TENDANCES DE L’ANARCHISME ACTUEL

[Pour Le Monde Libertaire]


Il faut précieusement préserver le souvenir des idées anarchistes et, plus encore, des inspirantes luttes menées par les peuples qui ont cherché à se libérer de l’oppression et de la domination : non comme des manières de figer la pensée dans de nouveaux moules, mais comme une base à partir de laquelle comprendre à la fois la réalité sociale et le travail qu’il faudra accomplir pour la changer.
N. Chomsky

Je voudrais ici revenir sur une toute récente entrevue dans laquelle Noam Chomsky répond à quelques questions qui lui sont posées sur l’anarchisme [1]. Trois raisons m’incitent à le faire.

La première est que ce que raconte Chomsky n’est jamais inintéressant.

La deuxième est qu’il est relativement rare, depuis quelques années à tout le moins, qu’il se prononce sur l’anarchisme et tout particulièrement sur l’état de santé de l’anarchisme contemporain, comme c’est le cas dans cet entretien.

La troisième est que ce qu’il suggère est de nature à alimenter les discussions que nous devrions avoir entre nous sur les importantes questions vers lesquelles pointe Chomsky.

Mais avant d’en arriver à ces sujets, j’aimerais toucher un mot du rapport de Chomsky à l’anarchisme. J’insiste, cependant : il ne s’agit que d’un mot et la question des rapports de Chomsky à l’anarchisme, envisagée globalement et dans la longue durée de son activité théorique et militante, est plus complexe que ce que j’en dirai dans les lignes qui suivent, qui ne proposent qu’un modeste survol d’un territoire méconnu — et qui demanderait à être attentivement exploré.


Des rapports constants et singuliers


On se méprend souvent, m’a-t-il semblé, sur l’anarchisme de Chomsky, allant parfois jusqu’à lui refuser (sic!) cette appellation qu’il revendique pourtant.

Or Chomsky n’a cessé de se réclamer de ce qu’il appelle couramment, sans refuser l’appellation anarchiste, le socialisme libertaire. Son intérêt pour ces idées est ancien et le tout premier texte qu’il a publié, à neuf ans et dans le journal de l’école qu’il fréquentait alors, portait sur la Guerre d’Espagne, qui faisait alors rage et à laquelle, plus tard, il consacrera encore d’autres écrits, dont un texte majeur sur l’objectivité dans les travaux académiques. Chomsky, en fait, ne cessera jamais tout à fait d’écrire sur l’anarchisme, de parler de lui ou de s’en réclamer.
Je ferai pour commencer deux remarques sur cet anarchisme de Chomsky.

La première est son anti-autoritarisme qui résulte de la conviction que les êtres humains se développent de manière optimale dans des conditions de liberté. Il en résulte bien entendu le refus du capitalisme et de l’économie de marché, les corporations étant décrites comme des institutions totalitaires, mais aussi de l’économie planifiée et du socialisme étatique. Il résulte aussi, de cette importance accordée à la liberté, des conceptions de l’éducation, du politique, de l’État, de la culture et de bien d’autres sujets où les contraintes à chaque fois sont a priori perçues comme suspectes et devant se justifier — les abattre devenant le mot d’ordre quand elles ne peuvent passer le test de leur justification. (Notons sans pouvoir y insister que cette revendication de liberté est depuis toujours, au sein de l’anarchisme, en tension avec un idéal égalitaire, et l’expression socialisme libertaire qu’utilise couramment Chomsky a le mérite de la rappeler.)

Ma deuxième remarque est pour rappeler que Chomsky inscrit fermement son anarchisme dans la tradition des Lumières et dans le rationalisme qui les caractérise. La référence au rationalisme signifie bien entendu un solide engagement envers la raison, la science, la rigueur et le débat argumentatif; mais il signifie aussi une défense d’une certaine conception de l’être humain au sein de laquelle la liberté évoquée plus haut est centrale, et dans laquelle il est admis, contre un certain culturalisme et contre un certain empirisme qui les croit indéfiniment malléables, que les êtres humains possèdent des caractéristiques naturelles qui les définissent. Comme on le soupçonne, ses travaux en linguistique et en science cognitive apportent quelque crédit à ces idées, même si Chomsky a toujours été très prudent sur les rapports entre ses contributions à la linguiste et ses positions politiques libertaires, refusant d’y voir autre chose que des liens ténus et établis à un niveau passablement élevé d’abstraction. Quoiqu’il en soit, ce rationalisme ainsi défini singularise lui aussi Chomsky : parmi les anarchistes, d’abord, mais aussi au sein de la gauche.

Au total, Chomsky se fait de l’anarchisme une idée assez large pour, sinon y faire figurer, du moins en rapprocher des auteurs qui seraient tenus par certains comme étant, sinon extérieurs au mouvement, ou du moins comme se situant à ses franges — par exemple Anton Pannekoek, théoricien des conseils ouvriers. Il exprime aussi une profonde sympathie pour des auteurs anarchistes relativement moins connus, comme Diego Abad de Santillan ou Rudolph Rocker.

Chomsky invite au total à une vision non dogmatique de l’anarchisme, qui reconnaît à la fois son importance et sa singularité dans l’histoire des idées et des mouvements politiques et son actualité : il a à ce propos maintes fois rappelé la valeur de ce que l’anarchisme, tel qu’il le conçoit, met de l’avant, de ses espoirs, de son projet politique et économique et affirmé leur pertinence dans la résolution des défis que nous affrontons aujourd’hui. Ce vers quoi pointent ces espoirs et ces projets est bien décrit dans la déclaration suivante : «Je veux croire, dit Chomsky, que les êtres humains possèdent un instinct de liberté et qu’ils souhaitent réellement contrôler leurs propres affaires; qu’ils ne veulent être ni bousculés, ni commandés ni opprimés etc.; et qu’ils souhaitent avoir l’opportunité de faire des choses qui ont du sens, comme du travail constructif et dont ils ont le contrôle — ou qu’ils contrôlent avec d’autres».

C’est donc, on l’aura deviné, avec des a priori très ouverts et sympathiques que Chomsky parle de l’anarchisme actuel, à propos duquel il formule néanmoins quelques critiques et observations qui méritent d’être entendues.

Quelques observations et hypothèses de Chomsky sur l’anarchisme contemporain

Je regrouperai ces observations et hypothèses en trois volets. Elles concernent respectivement l’atomisme et le sectarisme d’à tout le moins une part du mouvement anarchiste actuel; son hostilité envers la science et la technologie; et finalement, la question du réformisme.

Chomsky note pour commencer que s’il existe de (relativement) nombreuses personnes qui se disent attachées à l’anarchisme et qui se réclament de ce qu’elles estiment être l’anarchisme, en revanche il n’existe guère, sauf exception, par exemple en Espagne, de mouvement anarchiste. L’anarchisme tend ainsi à être, du moins aux Etats-Unis (et ailleurs on peut le présumer), plutôt atomisé, non seulement en individus plus ou moins isolés, mais aussi en groupes parfois très sectaires et qui passent un temps considérable à s’attaquer les uns les autres.

Chomsky voit là quelque chose de singulier (et j’ajouterais : de paradoxal), à savoir que, du moins dans son pays, si on excepte de très brèves périodes historiques, il n’y a jamais eu autant d’anarchistes qu’aujourd’hui, mais jamais non plus si peu d’anarchisme, à tout le moins si, par ce dernier mot, on entend un mouvement qui serait plutôt unifié dans des combats communs et qu’on pourrait dès lors critiquer, rejeter, souhaiter améliorer ou au contraire abattre, et ainsi de suite.

Une tâche lui parait donc s’imposer : le dépassement du sectarisme et de l’intolérance et, dans la reconnaissance de notre grande ignorance de ce que sera une société libertaire, l’admission qu’il reste de la place pour des désaccords sains et constructifs, mais qu’il faut savoir exprimer dans, comme il le dit, des échanges tenus «de manière civilisée et fraternelle et avec le sentiment d’une solidarité entretenue dans la poursuite d’un but commun».

Le deuxième ensemble de remarques de Chomsky se déploie justement à partir de l’examen de cette question des buts communs à poursuivre. Lesquels choisir? Et comment les poursuivre de manière efficace? Il en signale deux qui lui paraissent tout particulièrement vitaux : la prolifération nucléaire et la crise environnementale. Or, s’agissant de cette dernière, ajoute-t-il, il existe aussi, chez certains anarchistes, une attitude d’opposition à la science qui disqualifie d’emblée l’anarchisme comme avenue politique crédible et sérieuse. «À moins, dit-il, de consentir à [réduire l’humanité] à 100 000 chasseurs-cueilleurs, si on prend au sérieux la survie de milliards d’être humains, de leurs enfants et petits-enfants, cela va demander des percées scientifiques et technologiques».

On notera ici que Chomsky ne préconise en rien une idolâtrie de la science ou de la technologie, comme on notera aussi qu’il n’ignore rien non plus (rappelons-nous de ce qu’il dit de la prolifération nucléaire) des usages potentiellement mortels pour l’espèce toute entière qu’on peut en faire : il n’est toutefois pas difficile d'identifier des individus ou des groupes, parmi les anarchistes mais pas seulement là, qui ont bel et bien cette attitude qu’il décrie, une attitude qui peut en effet fort bien avoir, en bout de piste, les terribles effets qu’il redoute.

Le troisième ensemble de remarques concerne, si je comprends bien sa pensée, le type d’action que nous devrions entreprendre pour confronter ce vaste et puissant système à la fois corporatif et étatique dans lequel nous vivons et qui s’est mis en place depuis des décennies à coup d’ingénierie sociale réalisée à grande échelle.

Ce vers quoi il souhaite attirer l’attention, cette fois, c’est sur le fait que ce combat, aussi bien sur le plan de la réflexion que de l’action concrète et de la pratique, exige et exigera bien plus que de grandes et vertueuses déclarations d’adhésion à des objectifs lointains (disons : ‘je veux vivre dans une société juste, libre et égalitaire’) : cela demande la défense de causes, des buts plus proches et modestes, et, à travers «la reconnaissance de la réalité sociale et économique telle qu’elle est», la création patiente et progressive des institutions de demain au sein de la société d’aujourd’hui — comme le disait déjà Bakounine.

En rester à la pureté des propositions, pense Chomsky, constitue un frein à une action militante efficace qui devrait avoir des causes à défendre en matière de droits des travailleurs, de problèmes environnementaux, de la lutte à la pauvreté et ainsi de suite. Faute de quoi, on court, dit-il, le risque de sombrer dans «ce sectarisme, cette étroitesse, ce manque de solidarité et d’objectifs partagés qui a toujours été une pathologie des groupes marginaux, particulièrement à gauche».

Ce sectarisme peut en outre être dommageable à ceux que ses promoteurs voudraient précisément aider, dès lors qu’il conduit à adopter des stratégies militantes qui, sous des couvert de radicalité, renforcent finalement la position des institutions dominantes tout en nous éloignant de combats qui doivent être menés et de ceux avec lesquels nous devrions combattre.

Chomsky prend ici comme exemple, américain, un anarchisme qui se réfugierait derrière un anti-étatisme de principe pour ne pas appuyer la réforme de la santé qui se met en place, toute imparfaite soit-elle, et dont des millions de personnes bénéficieront. Une telle ligne de conduite interdit en outre à toutes fins utiles de contribuer à l’éducation et à la mobilisation qu’exige la crise économique, dont les mêmes personnes que tout à l’heure souffrent les premières.

Fort heureusement, conclut Chomsky, des journaux et organisations anarchistes ne sombrent pas dans ces carences et se préoccupent de ces objectifs à court terme. Cela aussi, et fort heureusement, est exact.

Il y a là, je pense, de quoi amplement alimenter des discussions.

63 commentaires:

Anne Archet a dit…

«Ce sectarisme peut en outre être dommageable à ceux que ses promoteurs voudraient précisément aider, dès lors qu’il conduit à adopter des stratégies militantes qui, sous des couverts de bon sens et de réformisme, renforce finalement la position des institutions dominantes tout en nous éloignant de combats qui doivent être menés et de ceux avec lesquels nous devrions combattre.

Je prends ici comme exemple, américain, un anarchisme qui se réfugierait derrière un réalisme et un pragmatisme de principe pour appuyer la réforme de la santé qui se met en place et dont des centaines de compagnies d'assurances bénéficieront. Une telle ligne de conduite interdit en outre à toutes fins utiles de contribuer à l’éducation et à la mobilisation qu’exige la crise économique, dont les mêmes personnes que tout à l’heure souffrent les premières.»

Ce genre d'argument est si facile à renverser qu'on pourrait faire subir le même traitement à tout le texte.

Anne Archet a dit…

Ce que Chomsky dit en substance, c'est que l'anarchisme est un chouette idéal qui malheureusement ne se réalisera jamais en trois cents ans. Mieux vaut alors militer pour le renforcement de l'État (providence) et de l'entreprise (coopérative). Comme ça, les gens seront éduqués (peut-être) aux bienfaits de la vie libre de l'influence (bénéfique) de l'État et de l'entreprise.

Je ne suis pas particulièrement intelligente, alors peut-on m'expliquer la logique de cette contradiction apparente?

Il n'y a pas de mal à ne pas être anarchiste. Si ça se trouve, presque tous les gens que j'aime et qui comptent pour moi ne le sont pas. Dans ces conditions, pourquoi revendiquer une étiquette qui ne colle pas à ses convictions? (Ce que Chomsky ne fait d'ailleurs presque jamais, sauf pour casser du sucre — sans les nommer — sur le dos de la poignée de primitivistes américains, hommes de paille très pratiques pour tous les critiques de l'anarchisme contemporain).

Chomsky est ni plus ni moins anarchiste que le premier marxiste venu, qui considère que la parousie communiste et libertaire arrivera un jour, mais qu'il faut renforcer puis prendre le contrôle des institutions de contrôle avant.

(«On» signifiant ici une avant-garde éclairée, évidemment. Parce que ça ne peut jamais en être autrement.)

Chomsky veut «un mouvement qui serait plutôt unifié dans des combats communs et qu’on pourrait dès lors critiquer, rejeter, souhaiter améliorer ou au contraire abattre, et ainsi de suite». Ce qu'il veut, c'est une organisation, avec des leaders, des militants, des campagnes et tout le tralala. Il voudrait donc une nouvelle CNT, ou alors une organisation plateformiste qui unifierait «le mouvement». Pendant les soixante-dix dernières années, les anarchistes ont essayé de suivre ce programme et ça n'a pas fonctionné. Maintenant, ils ont changé leur approche, ce qui a pour résultat «qu'il n’y a jamais eu autant d’anarchistes qu’aujourd’hui». N'est-ce pas signe de quelque chose d'important?

Quant au sectarisme, ne me faites pas rire. Quant on connaît tous les
schismes et scissions des organisations anarchistes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, je me demande en quoi le sectarisme est plus important aujourd'hui qu'avant. Il faudrait peut-être un jour accepter que «l'ordre» de l'anarchie est autant faite de confrontation que de coopération (mais ça, c'est la stirnérienne en moi qui parle, probablement).

Chomsky présente la science et la technologie comme s'il s'agissait exactement de la même chose. Or, Chomsky admet lui-même que la technologie dérape depuis longtemps. Critiquer la technologie ne signifie pas nécessairement revenir à l'âge de pierre — sauf dans le cas des primitivistes, encore — et cette critique est essentielle parce que la technologie est un des facteurs qui nous a plongés dans merde industrielle que nous sommes.

Finalement, je constate que pour Chomsky, un bon anarchiste est un anarchiste mort. Quant à moi, je préfère les vivants: ils dégagent un peu plus de chaleur.

Nicolas a dit…

La note 1 [la référence de l'entrevue j'imagine] n'apparaît pas à la fin du texte.

Normand Baillargeon a dit…

@ Anne Archet: je vous trouve d'une sévérité (et à la limite d'une arrogance) assez marquée. Qui tendrait à prouver une part du propos de Chomsky.

N.B.

Frédéric a dit…

Merci pour ce texte.

Personnellement, j'ai surtout apprécié le troisième ensemble de remarques. Il faut dire que je ne me prétends pas anarchiste... Tout ce qui s'approche d'une plus grande justice me semble un pas dans la bonne direction. Ne croyant pas que l'être humain a les caractéristiques nécessaires pour bâtir un monde idéal, égalitaire et juste, je me satisfais de tout progès qui va dans cette direction.

Cela dit, je comprends bien les critiques de Anne Archet, elle qui désire vivre selon ses convictions plutôt que de s'approcher graduellement de celles-ci en espérant que d'éventuelles prochaines générations finissent le travail.

Anne Archet a dit…

Aie, c'est vrai. Mille pardons. J'avais oublié que la sévérité et l'arrogance ne peut être pratiqués que lorsqu'on se trouve en situation d'autorité.

Incanus a dit…

Je crois que l'arrogance n'a jamais sa place nulle part, parce qu'elle est justement la marque de rapports sociaux complètement formatés du type "loi du plus fort" (en l'occurence celui qui gueule le plus fort, le plus violemment ou avec le plus de conviction), dans lesquels nous baignons constamment.

Ceci n'est pas un appel à la modestie, au contraire je crois que l'orgueil et le sentiment de dignité personnelle sont cruciaux dans une époque qui voudrait sans cesse que les pauvres, les minorités, les dominés, en rabattent.

Bref. J'ai aussi l'impression qu'on fait dire à Chomsky un peu ce qu'on veut. Il s'est quand même exprimé sur l'anarchisme assez souvent et de façon assez claire pour qu'on ne puisse pas l'assimiler justement à la position "boh l'anarchisme c'est trop difficile, on verra plus tard".

Sauf qu'il se bat ici et maintenant, encore ajd alors qu'il a...quel age? O_o et qu'il se bat pour une société autre, plus libre et plus égalitaire depuis..combien de masse d'années?

Bref je n'ai jamais eu justement cette impression de "regard de haut" vs a vis de l'anarchisme nécessaire tel qu'il peut se construire immédiatement, qu'on rencontre bcoup chez certains pseudo intello qui n'ont d'anarchiste que la coupe à deux balles et la chemise blanche de rigueur (Michel Onfray, allo?).

En l'occurence c'est une interprétation qui me semble aller loin d'une position simple et claire de sa part: ne pas faire le jeu des institutions qui détruisent notre vie, simplement parce qu'on a l'impression qu'elles vont dans le bon sens. C'est reculer pour mieux sauter et ce genre de manoeuvre cache généralement une entourloupe quelconque..

Quand au sectarisme, encore une fois, j'en fais une lecture complètement inverse de la votre, ce qui prouve déja que sur une même déclaration, on peut déduire surtout ce qu'on veut bien croire :-).

Moi j'y vois une vision de bon sens: on ne peut pas perdre son temps dans des jeux stratégiques et des luttes d'appareil, de pouvoir, de petit chef. Or c'est à cela que se résument bien des actions dés qu'elles touchent au domaine "politique" (au sens large). Et la je parle PAS de divergences d'opinion, je parle de gens qui parasitent des mouvements pour en tirer des bénéfices (symboliques ou autres) purement personnels, bref des cyniques et des opportunistes.

L'anarchisme ne peut pas se permettre de répéter les erreurs d'autres courants politiques, il vaut mieux que ca. Et ce n'est pas completement idiot, quand même, de simplement suggérer qu'un forum commun, qui serait ouvert aux anars de toute tendance, pourrait apporter des idées intéressantes et au moins faire réaliser à bien des gens qu'ils sont plus nombreux (et plus forts!) qu'ils ne le croient :-).

Bonne continuation et bonnes lectures dans tout les cas!

NT a dit…

Question pour NB : "la création patiente et progressive des institutions de demain au sein de la société d’aujourd’hui", c'est dans quel texte de Bakounine, au juste ? Aucun souvenir.

Quant au passage juste au dessus, sur la défense de buts proches et modestes, il fait très trotskiste (ce n'est pas une insulte). :-)

Anonyme a dit…

En deux mots... vous voudriez que l'on arrète de parler de Chomski et que l'on parle de vvous !

Youri a dit…

J'ai bien aimé la réponse d'Anne Archet, qui est l'anarchiste individualiste la plus convaincante qu'il m'est été donné de voir jusqu'à présent.

Outre cela, je dois m'avouer déçu par la (non)réponse de Normand Baillargeon à une critique qui me semble sensée. Une critique doit-elle être inévitablement nuancée pour être valable ? Car j'ajouterais qu'en matière de sévérité (ou d'arrogance ?) vous-même associez bien vite le refus du réformisme au sectarisme, et ce, sans nuance.

Normand Baillargeon a dit…

@ Youri: Je suis ouvert au dialogue, ce blogue en est la preuve. Mais je ne parle pas à certaines catégories de personnes — je vous épargne la liste, mais sachez qu'au fil des ans, j'ai amplement eu le temps découvrir des aspects, comment dire?, étonnants de l'humanité.

Il se trouve que la manière dont intervient Mme Archet ne me donne pas envie de dialoguer avec elle. Il se peut qu'elle ait des idées qui méritent d'être discutées: mais sa façon de les exprimer fait un tel tapage que je ne peux le savoir. À vrai dire, elle me donne envie de fermer ce blogue.

N.

Anne Archet a dit…

Corrigez-moi si je me trompe, mais je ne crois pas avoir insulté quiconque, ni de vous avoir manqué de respect. Je n'ai pas non plus l'impression d'avoir été particulièrement tapageuse, ni d'avoir versé dans l'arrogance. Si je vous ai heurté ou pire, si j'ai porté atteinte à ce monument qu'est Noam Chomsky, c'est bien malgré moi. Je ne voudrais surtout pas vous donner envie de fermer votre blogue, moi qui en suis une lectrice assidue.

Il faut me comprendre, il y a trop longtemps que j'ai abandonné l'université. J'ai perdu l'habitude de porter la contradiction à des profs et j'ai tendance à oublier d'enrober mes médiocres opinions de ce jargon anesthésiant qui lubrifie si bien les échanges intellectuels. J'ai vraiment honte et vous promets, dorénavant, de ne plus vous importuner chez vous — à moins bien sûr d'être de votre avis, ce qui, je dois l'avouer , est la plupart du temps le cas.

Je vais me contenter de relire mes classiques, tiens. Nationalism and Culture, de Rocker, c'est dense, c'est profond et c'est riche d'enseignements. L'Empire knouto-germanique et la Révolution sociale de Bakounine aussi. Je vais peut-être même me risquer à ne pas être totalement de leur avis; l'avantage, avec les anarchistes morts, c'est qu'ils ont la couenne dure.

Gunthert a dit…

@Anne Archet: "jargon anesthésiant qui lubrifie si bien les échanges intellectuels". Le moins qu'on puisse dire, c'est que vous avez une façon bien méprisante de considérer les conditions normales de l'établissement d'un dialogue. Si le cadre universitaire prend soin de préserver ce qui est si difficile à maintenir ailleurs, c'est parce que l'échange contradictoire est à la source de la connaissance scientifique. N'y voir que jargon est faire preuve d'une bien triste myopie.

Anonyme a dit…

Quand les anarchistes sauront s'organiser et mettre en oeuvre les moyens concrets leur permettant de créer la société qu'ils désirent (écoles, entreprises, activités de production agricole ou industrielle, organes financiers), peut-être qu'ils passeront moins de temps à se disputer sur leur appartenance à tel ou tel courant.
Les anars, comme la plupart des militants, passent leur temps à refaire le monde (au bistrot ou en comité), en oubliant que le monde il faut le produire, pas le discuter... Mais peu d'anars sont prêts à mettre la main à la pâte : tout ce qui est du domaine de la production étant considéré comme la "propriété culturelle" du méchant capitaliste industriel... Mieux vaut penser, écrire ou jouer de la musique (ce qui, soit dit en passant, est également nécessaire mais ne devrait pas être exclusif).

Passer à la pratique est pourtant possible, puisque dans un autre ordre d'idées, un groupe bien plus idéaliste et délirant que les anars (les anthroposophes, nés avec Rudolf Steiner) est parvenu à s'organiser et à se doter des moyens de créer leur part de la réalité (ils ont même une banque solidaire, la Nef pour ne pas la citer - une banque, vous imaginez !).
Bizarre de voir que les idéalistes mystico-new-age anthroposophes sont finalement bien plus concrets et actifs que les anars soit-disant matérialistes. Il me semble qu'il y aurait du grain à moudre pour les lecteurs de ce blog dans cette simple constatation.

Anonyme a dit…

Anne ma soeur Anne,

Entre myopie et presbytie on ne peut qu'hésiter. La possibilité d'une voie médiane sans doute. Délégitimer les autres ne vous offrira pas une meilleure tribune. Et bien que je connaisse peu de l'anarchisme théorique, la violence des rapports de production dans la société contemporaine n'est plus à prouver. Nous devons cependant, comme mamifères sociaux ou grégaires c'est selon, composer avec notre incapacité d'autonomie individuelle. Impossible et même peu souhaitable de faire table rase du passé, tout n'est que transitions et c'est, de mon avis, dans ces transitions qu'il y a à faire. Donc des propositions concrètes, même venant d'une personalité en voie de symbolification (pratique pour qui manquant d'immagination ne s'attaque qu'aux proéminences), restent des voies qui méritent attention. Et s'il est vrai que l'"on ne peut pas ne pas communiquer" vu d'ici vous avez l'air bien en colère, peut-être contre vous même. Colère qui conseille bien mal. J'arrête car c'est pas le lieu.

Salutations à vous, à l'auteur et aux intervenants de ce débat, j'ai pris du plaisir à vous lire

Gabriel

une autre fois a dit…

Peut-être ai-je mal cherché mais je ne trouve pas dans votre message de références au(x) texte(s) de Chomsky que vous commentez.Dois-je en déduire que vous nous invitez à partager vos idées sur Chomsky? Pourquoi pas ? les blogs sont faits pour cela,les livres aussi.
Par contre vous voir dresser des "catégories" de gens m'inquiètent un peu..Je ne sais ce que vous avez "découvert" de l'humanité,mais si cela ressemble à du Chamfort ou du Schopenhauer,prenez le cool..
Mais d'une certaine manière je vous comprends: j'ai personnellement rencontré,en plus des gens habituels de gauche et de droite que nous connaissons tous, des militaires qui avaient tué,des islamistes et des communistes qui se proposaient de le faire(et le disaient)et même des électeurs de Hitler de 1933 foncièrement charmants..Et bien figurez-vous que les moins sectaires ne sont pas toujours ceux que l'on croit.Mais je ne veux pas généraliser pour ne pas pousser la provocation plus qu'il n'en faut,juste souligner des choses qui me paraissent essentielles et profondes.Bien à vous.

toki a dit…

Je trouve que beaucoup perdent leur temps à voir ce qui peut paraître non constructif de la part d'Anne Archet que de perdre leur temps sur ce qui est constructif.

Ce dialogue de sourd, si je puis me permettre, illustre parfaitement les propos de N.C.
Certes, A.A. va très vite sur des conclusions simplistes faisant dire à N.C. ce qu'il n'a pas dit, dites, le fait d'amalgamer ou de transformer l'appel à une organisation commune servant de base pour des luttes immédiates ou à court terme, à (forcement) une organisation hiérarchique. Dites, organisation est synonyme d'organisation hiérarchique ? Je l'ignorais. On peut parfaitement imaginer une organisation regroupant des délégués pour aider la coordination de l'organisation et faire appel, imaginons, un vote systématiquement renvoyer aux membres pour les questions importantes etc. Pourquoi pas une organisation participative ?

Ceci étant dit, la remarque la plus importante, pour moi, est celle faisant apparaitre la contradiction apparente entre nécessité d'agir pour des causes immédiates, dites, pour améliorer les conditions de travail, réduire le temps de travail etc, et le fait que en agissant pour les causes immédiates on mine les chances d'une vraie société libre, égalitaire et juste, en plus, de risquer de sombrer dans ces luttes en se faisant littéralement consommer.

Honnêtement je ne sais pas comment répondre à cette question, comment agir pour des causes immédiates en évitant de se faire consommer dans les lutes et en préservant toutes les chances pour une nouvelle société participative ?
Il semblerait que je fasse un peux moins confiance à la capacité des êtres humains à toujours vouloir et demander d'avantage qui permettrait d'aboutir à la société nouvelle.

Normand Baillargeon a dit…

Le texte de l'entretien dans lesquel Chomsky parle de tout cela est à: http://www.zcommunications.org/cognitive-science-and-anarchism-by-noam-chomsky


Normand B.

Anne Archet a dit…

Un complément d'information:

http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=475

une autre fois a dit…

merci,j'y vais de ce pas et vous relirai après.

toki a dit…

Merci Anne Archet. Votre lien m'a permis d'avoir un peu plus d'eau dans mon moulin.

Puisque les métaphores médicales sont prescrites pas le spectacle, je vais le dire ainsi. Je sais qu'il faut, sans aucun doute, se débarrasser d'un membre pourris au lieu d'essayer de le panser au risque du décès du patient. La métaphore de J.H. de la cage en réponse à celle de N.C. est aussi valide, sinon plus. Mais aussi, que l'un des meilleurs moyens de miner, récupérer la contestation est de l'intégrer. Il n'empêche, que mes pensés étaient plus confus. Votre lien a été d'un grand aide !

Je, oui je puisque lui vous y empêche, démontrant par la même, sa contradiction avec ce qu'il défend en plus de contredir son billet (!), vous invite à commenter les billets de N.B., que cela lui déplaise ou pas. Que ce qui doit arriver arrive !

Normand Baillargeon a dit…

@ Toki: j'empêche quelqu'un d'écrire ici, moi???? N'importe quoi.

Normand B.

Basilou a dit…

Ce que je comprends de l'anarchisme de Chomsky : l'important est la lutte pour le bien être de tous, contre l'injustice, contre le libéralisme économique. Comme l'Etat est aux mains des libéraux, et que l'Etat contrôle les forces coercitives (justice, police, armée, éducation nationale), il faut prendre "possession" de l'Etat pour lui ôter tous ses moyens.

toki a dit…

@N.B.
Vous savez très bien de quoi je fais allusion. Même si votre dernier commentaire me rassure, si je dois être rassuré mais, dites, refuser de discuter du fond du message de A.A. présentant quelques objections valides pour cause, et c'est vous qui l'ait dit plus haut, de la forme et/ou du ton ? Et, vous y aller en y ajoutant qu'elle vous donne envie de fermer le blog plutôt que de discuter ?
Qu'est ce qui m'échappe dans votre message alors ?

Pat a dit…

Entre Chomsky plutôt social-démocrate et Anne Arden, individualiste ultra-libérale, j'aurais plutôt tendance à me sentir plus proche du premier au regard de l'Histoire du mouvement ouvrier et du mouvement anarchiste. Mais si je n'ai pas le tampon AOC de l'anarchisme, dans lequel ni l'une ni l'autre ne rentrerait, je suis sûr d'une chose, ni l'un ni l'autre n'est révolutionnaire. Alors s'il existe tout un tas d'anarchismes plus ou moins exotiques, une chose est sûre c'est qu'il existe bien un anarchisme révolutionnaire, qu'il n'est pas non plus uniforme, mais que c'est celui qui en dehors des salons et d'internet existe bien dans les luttes et en projet collectif autogestionnaire. Et c'est d'ailleurs bien à travers ces luttes que les convergences et les unités sont possibles. Il y en a même parmi ces nombreux-ses anarchistes anonymes qui pratiquent...

Mouton Marron a dit…

La social-démocratie veut faire de nous du bétail bien soigné. Les nouveaux patrons savent que leurs employé-e-s sont plus productifs/ives quand on leur accorde une pause de 15 minutes de temps en temps. Il me semble que les anars ont de quoi se méfier de l'État, du capitalisme et des syndicats corporatistes quand ceux-ci nous envoient des miettes.

Accompagner l'État dans ses dérives mégalomanes, c'est nous condamner à être libres et égaux... dans nos enclos.

melquiades a dit…

Passant par là, curieux de l'anarchisme et n'osant presque me dire tel, socialiste libertaire, tiens ça me plaît, colmmuniste libertaire j'accepte aussi, en tout cas j'ai lu l'article, les commentaires, et cela m'a élevé, si si !

CNT AIT INFO a dit…

Basilou a dit :

"Ce que je comprends de l'anarchisme de Chomsky : l'important est la lutte pour le bien être de tous, contre l'injustice, contre le libéralisme économique. Comme l'Etat est aux mains des libéraux, et que l'Etat contrôle les forces coercitives (justice, police, armée, éducation nationale), il faut prendre "possession" de l'Etat pour lui ôter tous ses moyens."

Oui, il me semble que vous avez bien compris.

Sauf que ceci ce n'est pas de l'anarchisme ... mais du marxisme léninisme !

L'anarchisme postule la destruction immédiate de l'Etat, sans phase intermédiaire, au contraire du marxisme (léninisme) et de son fameux déperissement de l'Etat qui ne dépérit jamais mais au contraire se renforce toujours plus !

Maintenant il ne suffit pas de sauter sur sa chaise en criant au dépérissement de l'Etat. il faut en effet se donner les moyens de le faire disparaitre, et aussi d'organiser une "contre société" (désolé je n'ai pas d'autre terme) mais basée sur NOS valeurs, pas sur celle que l'on combat ! (si on adopte les valeurs de l'ennemi, nous avons DEJA perdu ...) C'est précisément tout le projet anarchosyndicaliste (ou communiste libertaire, ou anarchiste social, ou aanrchiste ouvrier, apellez le comme vous voulez)

En ce sens Anne Archet à raison de dire que Chomsky aime les anarchistes morts ...

Sinon, sur la question du rapport des intellectuels aux groupes militants d'autres contributions :

Les anarchistes sont-ils encore révolutionnaires ?

http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=524&var_mode=calcul


LIBRES OPINION : IMPRESSION D’UN SANS GRADE (A propos des soit disant élites intellectuelles)

http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=265

Et aussi un petit texte sur l'expérience historique de la FORA, moins connue que la CNT espagnole mais tout autant (si ce n'est plus) intéressante (notamment par son refus de la forme intermédiaire syndicat, comme médiation entre la classe ouvrière et la classe patronale) :

LA FORA : ORGANISATION OUVRIERE ANARCHISTE

http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=127

Jean-François Thibaud a dit…

Avec tout le respect que l'on doit à Messieurs Chomsky et Baillargeon, que je lis avec assiduité depuis de nombreuses années, je suis plutôt d'accord avec Anne Archet.

Les exemple de la réforme de santé ou dossier nucléaire(et la majeure partie des pseudos-réformes d'Obama) est un contre-exemple patent: cette réforme est une arnaque des compagnies pharmaceutiques.

Alors le blabla d'universitaire, parfois comme simple citoyen on aurait le goût qu'il soit plus musclé, quitte à être moins "civilisé".

C'est à se demander si Chomsky ne devrait pas revoir Manufacturing Consent pour lui-même.

Bien à vous

Jean-François Thibaud

Normand Baillargeon a dit…

@ tous: J'ai écrit ce billet en pensant que les idées de C. méritent réflexion. je suis content de voir qu'elles suscitent des réactions . Et même si son point de vue m'est très proche,je concède que de bons arguments peuvent être déployés contre ce qu'il dit et qui méritent réflexion.On gagnera tous et toutes à avoir des échanges civilisés sur tout cela, je pense.

N.

Sed a dit…

Juste envie de dire un truc : faites des choses.

N'importe quoi pourvu que ça aille dans le "bon" sens.

Le reste c'est du blabla.

Bon courage à toutes et tous.
Bonnes luttes.
Bonnes fêtes.
Bons rapports humains libres.

Luscus a dit…

Je viens de lire l'article les liens CNT et les commentaires...

Je trouve que toute l'idée de l'anarchie de Noam Chomsky ce résume parfaitement en une de ces phrase:
"Toute contrainte qui ne peut-être défendue doit disparaitre"

Je ne sais pas ce qui serai plus anarchiste...

Aux personnes qui défendent l'idée de la destruction de l'état pour créer une société nouvelle, donc les révolutionnaires, j'aimerai répondre ce que j'ai dis à une de mes copine:

Nous sommes tous des personnes qui par leur éducation ou leur expériences ont un fort baguage politique.
Mon expérience m'a montré que ce n'est pas le cas de tout le monde, je dirais même que notre radicalité dans l'acceptation de l'autodétermination et la liberté est minoritaire (une simple discussion entre collège à midi le montre).
Si un groupe de personnes en venaient à mener une révolution, le pouvoir n'aurait aucun problème de les marginaliser, de les diaboliser et de les vaincre (RAF en Allemagne dans les années 70,...)
Car la majorité des gens ne comprendrait que peu leur révolte et répudierait toute forme de violence. Donc même si une sympathie existe au début, tout acte violent la détruirait. Aujourd'hui encore plus qu'hier, les défilé contre la guerre en Irak l'on montré...
La révolution n'est donc pas une alternative, d'un point de vue historique elle a toujours changé le groupe au pouvoir mais pas la société (France, Russie, Espagne,...).
La violence appartient au pouvoir, tout groupe qui use de la violence de manière offensive fait peur (l'autodéfense, c'est autre chose).
Les guerres pour la "démocratie" ont elles aussi démontrés l'absurdité du changement contraint.

Pour qu'une société change il faut qu'une majorité d'acteurs acceptent et appliquent de nouvelles règle de manière LIBRE et CONSCIENTE.

Je trouve que se n'est pas difficile de comprendre cela.

Pour cela il faut que les idées irrigue la société par des positions militantes en faveur des droits de la majorité. C'est un combat très long que Noam Chomsky fait depuis des années (ou Howard Zinn et beaucoup d'autre).

Et c'est seulement lorsque une masse critique est atteinte, que l'état tel que nous le connaissons pourra être remplacé par autre-chose... Mais en attendant, alors oui il faut défendre les acquis du "Conseil de la Résistance" (pour la France) et lutter pour un contrôle par la base des institutions existantes.

Brassens (Mourir pour des idées): http://www.youtube.com/watch?v=lLJW0FrQlAM

Youri a dit…

J'ai vraiment de la misère avec cette conception non-violente du changement social dans sa forme radicale. Que l'État possède le monopole de la violence «légitime» ce n'est pas nouveau, que ce qui s'écarte de cette voie est marginalisée c'est bien connu aussi. Mais face à la diffusion des valeurs, idées, morale etc. de la «superstructure» idéologique (j'suis pas marxiste, mais y'a quelques trucs utiles) doit-on réellement adopter une tactique dans laquelle, manifestement, l'État cherche à nous confiner ?
Une manifestation c'est bien beau, mais ça change rien. Les moyens coercitifs sont encore bien présents pendant que les «bonnes gens» manifestent leur «colère» avec des ballons dûment approuvés par la centrale syndicale.

Changer le monde avec une chanson, c'est très romancé mais ça ne fait bien souvent que changer de position dans la liste best-seller du Billboard magazine.

http://www.southendpress.org/2007/items/87729

CNT AIT INFO a dit…

Bonjour Luscus

(je dis bonjour car je suis "civilisé" ... bizarre cette revendication de manières "civilisées" (pourquoi pas plutôt policées, qui me semble le terme plus à propos ...) de la part de NB ... De quelle civilisation fait il référence ?)

Je disais donc bonjour

Néanmoins j'ai beua être civilisé donc, je me permet de vous dire que votre message nage dans la confusion la plus totale.

Vous commencez par dire que la révolution ne serait un projet valable que pour des élites éduquées, que les masses au mieux auraient de la sympathie mais que la violence nous les aliénerait définitivement.

Faut il vous rappeler que tous les évènements révolutionnaires dignes d'intérêt de l histoire humaine - et dans le cas des anarchistes les exemples les plus récents dont tout le monde à commencer par Chomsky se goberge à savoir la Révolution Espagnole ou encore la geste Makhnoviste - ont été le fait de parfaits analphabètes dans leur majorité. Comme quoi la valeur révolutionnaire n'attends pas le nombre des années passées à user ses fonds de culotte sur les bancs de la fac ...

Mais le plus drôle c'est que vous pronez l'action non violente et non minoritaire ...en finissant par un vibroyant appel à déféndre le programme du Conseil National de la Résistance. On ne vous l'peut être jamais dit - et désolé si je vous l'apprends - mais la Résistance française était tout sauf non violente ... et elle était largement minoritaire. Bref c'est le parfait contre exemple de ce que vous appellez de vos voeux.

Je n'en dirai pas plus sur ce fameux programme du CNR, programme de compromis entre les capitalistes (gaullistes) et les staliniens (communistes) dont l'objectif a été avant tout de permettre au capitalisme de repartir de plus belle à coup de bataille du charbon et de productivisme, sans oublier la poursuite de la mise sous esclavage des colonies (8 mai, Sétif, ça vous parle peut être ?) Bizarrementil n'y avait pas grand chose sur ce sujet dans le fameux programme du CNR, les "musulmans algériens" n'étaient toujours pas des citoyens au même titre que les français ... pourtant question sang versé ils avaient surement donné plus que leur part ! Donc le programme du CNR, tout civilisé que je sois, aux chiottes ...

Sinon pour continuer sur le faux débat violence et non violence je me permets de copier ici un autre lien :

"entre violence et non-violence

mardi 22 février 2005

Par définition une société anarchiste ne peut reposer sur la violence. Or, pour parvenir à une telle société, il y a un préalable (abolir le pouvoir) et une grande question : comment se fera l’abolition de ce pouvoir ? Avec ou sans violence ? Avec violence ? Mais, dans ce cas, l’utilisation de la violence révolutionnaire, une fois le pouvoir détruit, aura-t-elle pour conséquence de rendre impossible l’édification d’une société sans rapports de domination ? C’est là une des questions auxquelles les militants anarchistes doivent s’efforcer de répondre. Cet article est une contribution à cet indispensable débat."

http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=1068

Luscus a dit…

Ah, misère de misère...

Qui parle de non-violence? Bien sûr qu'il y aura, qu'il y a de la violence. Mais il est vital qu'elle ne vienne pas de nous.

Aux yeux d'une majorité de la population la violence délégitime toute autorité.

Le problème c'est que la violence de "tout les jours" de nos structure politiques, économiques ou autres ne sont pas aussi évidentes que quelques CRS qui rentrent dans le lard de manifestants...
Donc de la délégitimation de ces structures ne se fait pas automatiquement.
Mais en répondant à cette violence évidente par une violence également évidente (que sais-je, faire exploser le parlement par exemple), ne fera pas avancer le schmilblick (le problème)...

Qui parle de manifestation? Pierre-Joseph Prouhdon avait répondu de manière simple à la question: "pourquoi attendre un changement politique? vous voulez une société libre et solidaire? Et bien créez vous autre environnement avec des mutuelles, coopératives et associations".

Temps que l'on cherche à répondre à la violence par la violence, les moyens créatifs sont oubliés...
Alors les canons pour la révolution, c'est pas pour moi.

Et Brassens, c'était juste une réponse en chanson aux révolutionnaires de salon... Car "depuis tant de Grands Soirs, au paradis sur terre on y serait déjà" si les révolutions menaient à quelque chose [cqfd].

toki a dit…

Étant non civilisé, pas de bonjour en vue.
@Luscus

Deux choses, non évoquées par CNT-AIT INFO, me frappent dans votre commentaire.

Commençons par la soit disant neutralité ou la position apolitique ou quelque soit le nom que vous voudriez donner. Je suis toujours frappé de voir des personnes utiliser la soit disant neutralité ou la position apolitique, définie comme telle par le spectacle, pour justifier un réformisme qui, soit disant, s'impose de lui même puisque le prolétariat est plus qu'ignorant. Savez vous ce qu'est cette soit disant position apolitique ? Rien de plus qu'une position définie comme telle par le spectacle. Au contraire, elle est plus que marqué par l'idéologie dominante. Bizarrement, les personnes se disant apolitiques se rangent toujours du coté du spectacle, allez savoir pourquoi.

Luscus : "Les guerres pour la "démocratie" ont elles aussi démontrés l'absurdité du changement contraint."

On ne peut guère faire mieux pour exposer le travail du spectacle. Mais bon, ici le propos est différent. Veuillez m'excuser des termes employés, mais, il faut vraiment être idiot pour donner une once de crédit à cette affirmation. Ne savez vous pas ce que sont les "guerres de pacification" ou les "guerres de démocratisation" ? Pour reprendre les termes de N.C., ce sont des "guerres impérialistes" faisant tourner le "complexe militaro-industriel" est peu dire.

Luscus a dit…

@cnt ait info

Élite éduquée??? Car éducation et expérience sont des attributs de l'élite? Je ne sais pas pour vous, mais mes parents (baba-cool) et leur copains (coco et anar, oui c'est un joyeux patchwork) ont plus contribué à mon éducation politique que notre école républicaine et laïque.

Du temps de la révolution espagnole ou russe les idées anarchistes ou communistes étaient nettement plus mainstream qu'aujourd'hui.

La résistance existait dans un contexte autrement plus dur que le notre (envahisseur et gouvernement fachiste), ce qui rendait la légitime défense logique.

Les idées révolutionnaires sont apparu à une époque de conflits sociaux autrement plus sanglant. Depuis la roue à tournée et même si les pouvoirs actuels ne disparaitrons pas de leur plain gré, nous pouvons adapter les idées de l'époque à notre environnement actuel.

Et oui le programme du CNR était et est encore très progressif. Même si dès 1949 les forces de droite on commencé à le renverser.
(http://www.dailymotion.com/video/x39b60_appel-du-conseil-national-de-la-res)

Le fanatisme ne mène à rien, car il n'est pas majoritaire.
"Change la société en changeant toi-même et en montrant une autre possibilité de vie" (ce qui soit dit en passant était l'une des idées des baba-cool, qui était un mouvement "hippie politique")

Utilise l'Open Source, achète des produits locaux, artisanaux, crée des associations, soutien les grèves, montre le et tu fera plus pour un changement de société que toute action révolutionnaire.

Mes exemples récent sont le Venezuela et la Bolivie. Là, la violence ne vient pas des révolutionnaires.

Luscus a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
CNT AIT INFO a dit…

Les idées révolutionnaires sont apparu à une époque de conflits sociaux autrement plus sanglant.


???

Excuse, ,mais ton analyse est platement "européocentriste" (pour ne pas dire franco française puisque tu te réclame du CNR ...).

Mais si tu adoptes un point de vue internationaliste, et que tu regardes la situation sociale au niveau mondial (et pas seulement dans notre "petit paradis" d'Etat protecteur), il me semble que les conflits sociaux sont toujours très sanglants. Il ne fait pas bon être ouvrier du textile au Bangladesh, mineur de fond en Chine, paysan sans terre au Brésil ou gamin des rues à Bogota ...

Ensuite, si tu me permets un trait d'humour, quand tu parles de la violence au Vénézuela tu parles entre autre de la police qui tire à balles réelles sur les étudiants
anarchistes ou sur les syndicalistes qui osent exprimer leur désaccord avec le commandant parachutiste au pouvoir ? (visiblement tes parents baba cools ne t'ont pas transmis le virus anti militariste ...)


(sur la situation au Vénézuela cf El Libertario : http://www.nodo50.org/ellibertario/)



Ce que tu exprimes finalement c'est le rêve d'un retour à l'Etat providence et protecteur. Cette position politique, qui a sa légitimité et ses positions propres, ce n'est pas de l'anarchisme, c'est de la sociale-démocratie.

toki a dit…

@Luscus
Je jette l'éponge. On ne pourrait pas dire n'importe quoi... tout et son contraire sans tenir compte d'aucune des réponses... Arriver à faire dire n'importe quoi sur des évènements historiques ou actuels - Vénézuela.

Commentaires sur la société du spectacle
Guy Debord, Paris 1988

http://perso.wanadoo.fr/dumauvaiscote/commentaire4.htm

Tout en pensant que défendre quelques maigres réformes héritées de... va faire une différence d'autant plus que l'État/Corporations n'est qu'une seule entité.
Le lien précédent peut peut être servir à quelque chose si le spectacle n'a pas achevé un travail bien entamé...

Luscus a dit…

@cnt ait info, @toki: Amen!

Si nous sommes si éloignés de la bonne parole, alors qu'attendez-vous, chers prédicateurs, pour nous illuminer?

Comment voulez-vous changer le monde?

À défaut de savoir à quel "religion" je suis censé appartenir, je sais ce que je veux: l'autodétermination, la solidarité...

Et je n'attendant pas de me faire tatouer le label Anarchiste (AOC) certifier conforme pour tenter de vivre selon mes idéaux.
Nous créons une coopérative informatique avec des copains et cela fait longtemps que je tente de vivre en soutenant autant que possible des initiatives alternatives.

Alors, vos remarques désobligeantes...

Vos discours me rappel mon temps à l'UNEF-ID et toutes les guerres de tranchées entre Trotskistes, Communistes, et autres fanatiques d'un camp quelconque qui plutôt qu'agir se perdaient en débats incessant. Lamentable...

On ne peut s'empêcher de voir quelques parallèles entre religion et politique dans la rage avec laquelle certain tentent de se diviser. Et c'est typiquement une maladie de gauche.

Car dans l'ensemble, le camp conservateur lui sait ce qu'il veut: la sauvegarde de ses intérêts. C'est simple et suffisant pour gardez le contrôle depuis tous ces siècles.
Diviser pour régner, sauf que pour nous, la division ce fait toute seule... Pathétique.

"européocentriste": ben oui, il se trouve que je vis en Europe et que oui, chez nous la répression n'ose plus ou pas encore à nouveau utiliser l'armer pour mater la populace. Je sais que nous vivons dans un cocon, mais je ne peux pas être au Bangladesh, en Chine ou au Brésil... Je ne peu "que" orienter les chois économiques dans autre direction que l'esclavage de population lointaine. Ma vie est ici et mon rayon d'action est ici.

Quand à être un rêveur, peut-être. Mais au moins je ne crois pas en la transformation de l'eau en vin. Comme certain semble croire que de la chute de l'état naitra spontanément une autre société...

CNT AIT INFO a dit…

"européocentriste": ben oui, il se trouve que je vis en Europe et que oui, chez nous la répression n'ose plus ou pas encore à nouveau utiliser l'armer pour mater la populace.

Non seulement vous etes européocentristes, mais en plus votre réponse indique clairement où ce situe votre centre : dans le centre ville "bourgeois" ...

Alors la répression n'oserait pas utiliser l'armée pour mater la populace ? Allez faire un petit tour dans les quartiers populaires et dites moi si vous n'y voyez pas trainer quelques unités de Gendarmes mobiles (les gendarmes - originellement - sont un corps militaire ...)

Demandez également à eux qui ces derniers temps qui ont perdus qui oeil, d'un coup de flash ball tiré en tir tendu ce qu'il sen pensent ?

Certes, l'armée et la police ne tirent pas à balle réelle sur les jeunes troublions. Elle se contente seulement de choquer leurs scooters comme à Villiers le Bel ... Mais il ne s'agit là que de malheureux accidents, n'est ce pas ?

Vous parlez de religion. En effet je pense que êtes empreint d'une sainte croyance dans l'Etat protecteur, et de tout son spectacle associé (comme le dit justement toki) qui vous enfume comme l'encens à la messe.

Ce n'est pas grave. Encore une fois, je ne cherche pas à vous convaincre, vous avez le "droit" de penser ce que vous pensez (et d'autres le droit de le critiquer, ne vous en déplaise ). Mais évitez juste SVP de falsifier le terme d'anarchisme en l'utilisant de façon frauduleuse pour désigner la sociale-démocratie.

Et assumez vous d'être un social-démocrate.

Luscus a dit…

@cnt ait info: Je vous souhaite à vous aussi une excellente journée... :)

Anonyme a dit…

NC. parle de stratégie et pointe le fait qu'abolir l'État n'est pas une stratégie. [Quelle est la stratégie adoptée par la philosophie d'Anne Archet ?]

La stratégie anarchiste qu'il prône est de lutter contre les institutions totalitaires :
- par le syndicalisme et le réformisme.
- par l'attitude non-violente consistant à ne pas participer à ces institutions : pour cela il existe le secteur coopératif (son ami Michael Albert écrit là-dessus. La Nef a été citée ci-dessus).

Il faut être aveugle pour ne pas voir que cette stratégie fonctionne :
- le syndicalisme réformiste a conquit des droits limitant le pouvoir totalitaire (ex. en France : le juge Charette est le 1er juge, en 1974, à mettre un patron en prison pour mise en danger des travailleurs).
- le secteur coopératif grandit inexorablement et conquit petit à petit la planète (dernières avancées : l'OIT recommande les coopératives [R193] et l'ONU a fait de 2012 l'année internationale des coopératives).

Ensuite Michael Albert et NC. imaginent qu'un monde fédéré de démocraties économiques locales [coopératives de travailleurs] permettra davantage de libertés : plus l'économie coopérative est forte moins l'économie guerrière (celle qui pratique la guerre économique) a de pouvoir. Conséquence : le pouvoir étatique sera de moins en moins nécessaire.

Les anarchistes qui squattent (avec ou sans RMI/RSA), qui refusent la télé et l'État, qui refusent le travail comme valeur, mais qui malgré tout sont clients d'une banque quelconque sont les "idiots utiles". Des sociétés coopératives existent et ont besoin d'eux, dommage qu'ils les considèrent si peu.

Luscus a dit…

Merci Anonyme, c'est exactement ce que je cherchais à dire sans pouvoir le formuler correctement...

IP anonyme a dit…

@Luscus: de rien, d'autant que j'avoue ne pas avoir lu votre débat à trois qui m'a semblé partir en queue de poisson. :(

Les anarchistes sont toujours d'accord sur la nécessité pédagogique (bcp d'anar sont des pédago. car seule l'éduc. apporte la liberté) et l'anti-totalitarisme.

Parler de révolution est bien pour un congrès intellectuel, c'est comme dire "je veux la justice sociale", mais en guise de stratégie c'est zéro pointé : éliminons l'État ? euh, oui mais encore...
Comment fait-on pour éliminer l'État ?

Un passant a dit…

@anonyme: être client d'une banque, c'est être un idiot utile, mais voter et faire en sorte que l'État soit renforcé, ça, c'est anarchiste?

Une coopérative comme les caisses Desjardins au Québec, ce n'est pas capitaliste?

Abolir l'État n'est pas une stratégie, d'accord. Vouloir le renforcer en est une, je suis aussi d'accord, mais c'est une stratégie sociale-démocrate. Je n'ai rien contre la sociale-démocratie, je suis social-démocrate moi-même. Ce que je trouve drôle, c'est que les anarchistes comme le monsieur Chomsky en question ne sont pas assez conséquents avec leur foi pour travailler directement à ce qu'ils prônent.

Ce qui prouve que l'anarchisme est un amusement pour rêveurs et je vous défie de me prouver le contraire!

Je connais un peu Madame Archet. Je crois que c'est une insurrectionnaliste axée sur le mode de vie, dans le genre zone d'autonomie temporaire, nomadisme et le reste. Faudrait lui demander directement quelle est sa stratégie (parce que je ne pense pas, après ce qu'on lui a dit, qu'elle reviendra écrire ici) ou aller sur son site. Elle a une plume alerte, du mordant et beaucoup d'humour même si elle aime bien faire dans l'arrogance et la provoc.

(J'aime mieux son autre site, où elle fait plutôt dans l'érotisme!!!)

CNT AIT INFO a dit…

"le syndicalisme réformiste a conquit des droits limitant le pouvoir totalitaire (ex. en France : le juge Charette est le 1er juge, en 1974, à mettre un patron en prison pour mise en danger des travailleurs)."

C'est vrai. Il limite mais n'abolit pas ... D'ailleurs le patron garde toujours in fine un pouvoir totalitaire sur le salarié, le contrat de travail étant tout sauf un contrat égalitaire. Le syndicalisme réformisme n'est qu'un moyen de rendre ce pouvoir totalitaire patronal supportable en l'aménageant.


La question n'est pas de mettre les patrons en prisons, mais de faire en sorte qu'il n'y ait plus ni patron d'un côté ni travailleurs d'un autre, et plus de course au profit qui font qu'on rogne sur la sécurité individuelle ou collective.

Quant à la question de la stratégie elle est simple : action directe (c'est à dire sans intermédiaire) et assembléisme.

toki a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
toki a dit…

Un petit complément non négligeable sur l'action directe, c'est par ici :

Voltairine de Cleyre
Action directe ou en version originale Direct Action

En prévision à ceux et celles qui vont certainement s'offusquer à l'idée de devoir agir directement comme si la seule possibilité d'action se limiter à agir de l'intérieur. Et même en prenant un exemple récent de changement de l'intérieur, celui-ci n'a été possible qu'au prix d'une révolte.

Yo a dit…

@Un passant : "Ce qui prouve que l'anarchisme est un amusement pour rêveurs et je vous défie de me prouver le contraire!"

L'anarchisme à l'air de bien amuser un social-démocrate comme vous - c'est un amusement de rêveur, je vous donne raison.
On ne peut pas prouver le contraire, à moins de mesurer cette volonté d'individualité et d'autonomie inhérente à chaque être vivant digne de ce nom... chose non-mesurable. Et puis c'est si étranger à ce que l'on appelle le mouvement anarchiste et à tous les groupes d'une façon générale que l'on risque d'être hors-sujet.

Amis individualistes Bonjouuuuuuur et salud pour les autres!
[Est-ce civilisé de dire bonjour à la fin d'un message? ca ressemble tristement à un sujet du Bac "philo"... Sans autres chichis, un adieu en toute politesse pour moi]

Anonyme a dit…

C'est pourtant si simple: «On naît seul, on meurt seul. Entre les deux, il y a les «faits divers». Fais tout ce que tu peux pour les choisir afin qu'ils ne te soient pas imposés.» (Dixit Léo Ferré).

(Salutations cordiales au passant et à Yo!)

Pépète a dit…

Je n'ai pas besoin de lire la moindre ligne de ce blog. Il me suffit des réponses de l'éminence à Anne Archet pour voir se confirmer, une fois encore, la lente déportation de toutes les idées et de tous les comportements vers la force la mieux armée. Depuis quelques années on assiste qu'à cela : les grands reniements. Cher M.Baillargeon sait parfaitement où est son intérêt et il entend s'en servir.
Une question: M.Baillargeon a-t-il jamais eu son intimité violée par son entreprise?
Ce qui est certain c'est qu'Orwell a commencé à croire véritablement au socialisme quand il était sur le front espagnol et qu'il a fait notamment l'expérience (mauvaise) du stalinisme... Après quoi il prédisait qu'émergerait une littérature totalitaire dont il était incapable de dire la forme qu'elle prendrait.
L'arrogance et la "façon méprisante de considérer les conditions normales de l'établissement d'un dialogue" sont de bien mauvais arguments, avec leur poids totalitaire puisque ces deux mots "arrogance" et "mépris" sont des armes bien connues de l'anti-langage, des lieux communs de notre siècle.
Qu'on vous accuse d'être "arrogant" et "méprisant" c'est probablement aujourd'hui ce qui le plus vous contraint à observer le silence et à chercher en vous-même ce qui a bien pu l'être. D'autant que l'arrogance et le mépris viennent on le sait d'ailleurs, de tous pouvoirs, ce que n'incarne pas Anne Archet.
Pour ce qui est de la CNT-AIT j'y ai rencontré des gens dangereux et ceux qui ne l'étaient pas, qui étaient des gens charmants, en ont été évincés....

CNT AIT INFO a dit…

Pardon, on ne les a pas évincés mais EMINCES ! ben oui, le couteau entre les dents faut bien qu'il serve de temps à autre !

Signé : un mechant pas charmant, na !

Pépète a dit…

@Luscus

qui cite Brassens "Et Brassens, c'était juste une réponse en chanson aux révolutionnaires de salon... Car "depuis tant de Grands Soirs, au paradis sur terre on y serait déjà" si les révolutions menaient à quelque chose [cqfd].

Et qui rajoute plus loin que les mouvements révolutionnaire sont apparus à des époques autrement plus sanglantes.

Luscus dont l'aveuglement confine à la compromission.
POur répondre à Brassens, Debord qui avait déjà une idée plus juste de la manière dont on vous prépare à mourrir, sans effusions de sang, mais à la faveur d'un diagnostic ou dans le silence feutré d'un appartement, Debord disait qu'en 68 les spécialistes ont dû convenir, non sans un certain dépit, que le taux de suicide était tombé à presque rien.
A Luscus toujours qui est resté vissé à l'éducation de ses parents baba cool sans voir ce qui avait changé: L'étoile jaune n'est plus juive mais elle s'affiche, plus nettement, contre la pauvreté. Il n'y a plus de camps de concentrations mais une concentration des camps dans les logis des plus démunis. Il n'y a plus de centralisation mais une dispersion de la torture.
Et à Luscus toujours qui est resté à Thiers alors que nous en sommes au G7: qui peut se prévaloir de tirer profit de toutes les richesses de ce monde, en proclamant la mondialisation, ne saurait être innocenté des désastres qu'elle propage, à commencer par 10000 enfants qui meurrent de malnutrition chaque jours et s'il faut ne s'en tenir qu'à cet exemple.

Cher cnt-ait; vous avez toujours représenté par rapport à des individus tels que moi le nombre et c'est votre force face à des gens isolés. Mais le nombre c'est la quantité pas la qualité. Ce qui exactement la prépondérance de la quantité sur la qualité le système que vous semblez devoir combattre.
Ceci dit je reste persuadé qu'il y a des gens, encore en place à la cnt-ait, charmants mais il y règne comme dans chaque clans la prédominance de la superficialité narcissique des dominants; ce qui toujours sera dommageable aux groupes anarchistes. Il était bien inutile de vous abaisser à un "na" pour chercher à infantiliser mon commentaire. Je suis plutôt très attristé de ce que j'ai vu de la pratique de l'anarchisme et je ne vois rien dans la tristesse qui relève de la puérilité, à moins de considérer que les couillus de service dans les organisations anarchistes font montre d'une maturité exemplaire. J'admettrai seulement qu'ils ont une force physique supérieure à la mienne et qu'en certains cas elle peut-être utiles. Mais les épaules ne font pas toujours les bons sentiments.

Pépète a dit…

@Luscus

qui cite Brassens "Et Brassens, c'était juste une réponse en chanson aux révolutionnaires de salon... Car "depuis tant de Grands Soirs, au paradis sur terre on y serait déjà" si les révolutions menaient à quelque chose [cqfd].

Et qui rajoute plus loin que les mouvements révolutionnaire sont apparus à des époques autrement plus sanglantes.

Luscus dont l'aveuglement confine à la compromission.
POur répondre à Brassens, Debord qui avait déjà une idée plus juste de la manière dont on vous prépare à mourrir, sans effusions de sang, mais à la faveur d'un diagnostic ou dans le silence feutré d'un appartement, Debord disait qu'en 68 les spécialistes ont dû convenir, non sans un certain dépit, que le taux de suicide était tombé à presque rien.
A Luscus toujours qui est resté vissé à l'éducation de ses parents baba cool sans voir ce qui avait changé: L'étoile jaune n'est plus juive mais elle s'affiche, plus nettement, contre la pauvreté. Il n'y a plus de camps de concentrations mais une concentration des camps dans les logis des plus démunis. Il n'y a plus de centralisation mais une dispersion de la torture.
Et à Luscus toujours qui est resté à Thiers alors que nous en sommes au G7: qui peut se prévaloir de tirer profit de toutes les richesses de ce monde, en proclamant la mondialisation, ne saurait être innocenté des désastres qu'elle propage, à commencer par 10000 enfants qui meurrent de malnutrition chaque jours et s'il faut ne s'en tenir qu'à cet exemple.

Cher cnt-ait; vous avez toujours représenté par rapport à des individus tels que moi le nombre et c'est votre force face à des gens isolés. Mais le nombre c'est la quantité pas la qualité. Ce qui exactement la prépondérance de la quantité sur la qualité le système que vous semblez devoir combattre.
Ceci dit je reste persuadé qu'il y a des gens, encore en place à la cnt-ait, charmants mais il y règne comme dans chaque clans la prédominance de la superficialité narcissique des dominants; ce qui toujours sera dommageable aux groupes anarchistes. Il était bien inutile de vous abaisser à un "na" pour chercher à infantiliser mon commentaire. Je suis plutôt très attristé de ce que j'ai vu de la pratique de l'anarchisme et je ne vois rien dans la tristesse qui relève de la puérilité, à moins de considérer que les couillus de service dans les organisations anarchistes font montre d'une maturité exemplaire. J'admettrai seulement qu'ils ont une force physique supérieure à la mienne et qu'en certains cas elle peut-être utiles. Mais les épaules ne font pas toujours les bons sentiments.

CNT AIT INFO a dit…

Je suis plutôt très attristé de ce que j'ai vu de la pratique de l'anarchisme et je ne vois rien dans la tristesse qui relève de la puérilité, à moins de considérer que les couillus de service dans les organisations anarchistes font montre d'une maturité exemplaire.

Il se peut, Pepete, que vous confondiez la CNT- AIT et la CNT (organisation qui en effet dispose d'un Service d'Ordre, ce qui est en effet contraire à tout principe anarchiste. Ca tombe bien, elle ne se revendique pas anarchiste mais vaguement syndicaliste révolutionnaire, et parfois anarchosyndicaliste pour essayer d'attraper quelques gogos pour qui la couleur de lacets ou d'un drapeau tient lieu de pensée politique ...)

CNT AIT INFO a dit…

Je suis plutôt très attristé de ce que j'ai vu de la pratique de l'anarchisme et je ne vois rien dans la tristesse qui relève de la puérilité, à moins de considérer que les couillus de service dans les organisations anarchistes font montre d'une maturité exemplaire.

Il se peut, Pepete, que vous confondiez la CNT- AIT et la CNT (organisation qui en effet dispose d'un Service d'Ordre, ce qui est en effet contraire à tout principe anarchiste. Ca tombe bien, elle ne se revendique pas anarchiste mais vaguement syndicaliste révolutionnaire, et parfois anarchosyndicaliste pour essayer d'attraper quelques gogos pour qui la couleur de lacets ou d'un drapeau tient lieu de pensée politique ...)

É. a dit…

Aaaaaah. Je comprends enfin plein de choses. Monsieur Baillargeon, ce n'est pas le blog, qu'il faut fermer. C'est tout, tout, tout. Je vous suggère un long séjour au Mexique, genre. Face à vous même, face aux cactus, face à rien. Avec tequila.

Jean-François Thibaud a dit…

Moi je n'y comprend que très peu sur l'anarchisme. Je n'y connais que dalle sur son histoire. J'habite dans un territoire annexé et conquis qui s'appelle le Québec ce qui a traditionnellement rendu difficile son expression, occupé qu'étaient les québécois à se réfugier dans la social-démocratie pour survivre en tant que peuple. En ce sens , je trouve le lien d'Anne Archet (CNT) très éclairant.

Chomsky propose donc de renforcer l'État momentanément pour des raisons humanitaires. Anne Archet à donc raison de dire que Chomsky, au fond est un social-démocrate, ce qui n'est pas une honte, merde.

Mais le problème qui nous pête dans la face à tous les niveaux me semble-t-il, c'est que tous ces compromis réformistes au nom de ceux qui souffrent s'avèrent des cul-de-sacs absolument retentissants. Le peuple québécois en sait quelques chose, lui qui ne peut même plus compter sur un parti indépendantiste qui va au minimum protéger sa "cage".

L'europe vient de donner 700 milliards aux banques pour soi-disant "sauver" la Grèce, alors que tout le monde sait très bien que c'est encore un petit délai avant que tout ne s'écroule.

En Amérique, les coops ont totalement disparues. Tout nos bavardages et ceux de Chomsky ne servent plus à évoquer la réalité crue qui sévit partout, une défaite de l'humanité à tous les niveaux.

Je refuses pourtant de sombrer dans le nihilisme et je cherches des réponses. Mais pour le moment, sur ce blogue, Monsieur Normand Baillargeon refuse de répondre à des questions simples de simple citoyen qui reste interloqué chaque matin devant son journal.

Il me semble qu'en suivant Bernays comme Monsieur Baillargeon nous le propose, on va trouver certaines réponses à nos questions. Et c'est ce que je me suis employé à faire ces dernières années.

Et la piste de Bernays nous mène à un maquillage systématique de la réalité, nous mène à Goebel bien sûr mais aussi à la fameuse société du spectacle permanent téléguidé par les services secrets, les intellectuels et les journalistes. Chomsky inclut.

Je vais donc lancé une question, aux hasards, très concrète. Est-ce qu'on peut m'expliquer comment un soi-disant terroriste entrainé par Al Quaida va laisser ces clés de maisons dans le char qu'il veut faire exploser ?

Mais ça y,en a pas un qui veut même en débattre.Occupé que vous êtes à discourir sur des réformes bidons.

À partir de là, mon cerveau très primitif fait des flamèches.

Et il y'a cent soixante millions de citoyens nord -américain qui partage en ce moment même cette interrogation.

Et pas un intellectuel pour au moins oser en débattre... C'est quand même fort !

É. a dit…

Ce même Bernays présent au traité de Versailles et lié à Benes, lui-même un « asset » de Heydrich dans la très triste affaire Toukatchevski, dans laquelle Gamelin (futur chef de la défense alliée qui se fait défoncer en 1940) sert d'agent à la Gestapo. Mais bon… les complots, ça n'existe pas.

Anonyme a dit…

Complot anarchiste!

José a dit…

Vu la longueur des débats sur l'anarchisme que reflète cet échange, une idée m'a traversé l'esprit: "Heureusement que les paysans aragonais n'avaient pas le web en 36!"