mardi, mars 16, 2010

JEUX DE LEWIS CARROLL

[Pour le numéro d'été de la revue À Bâbord.Réponses dans la revue.]

Le film Alice au pays des merveilles va sans doute contribuer à faire connaître Lewis Carroll à une nouvelle génération. Mais bien des gens ignorent encore que Carroll s’appelait en fait Charles Lutwidge Dodgson (1832-1898), qu’il était révérend et qu’il enseignait les mathématiques à Christ Church College, à Oxford.

Outre ses écrits pour enfants, Dodgson laisse d’ailleurs bien des articles et des ouvrages de mathématiques, discipline à laquelle il faut cependant dire qu’il n’aura pas contribué autant qu’à la littérature.

Mais on ne se refait pas et dans ses écrits mathématiques, Carroll a souvent mis de cette fantaisie qu’on trouve dans ses écrits pour enfants; inversement, dans ceux-ci, il lui arrive de mettre des mathématiques ludiques.

Le premier jeu mathématique qu’il vous propose provient justement d’un livre pour enfants : La chasse au Snark.

1. Compter jusqu’à 3

Dans ce livre, un Castor est convaincu qu’une chose qu’il dira trois fois sera pour cette seule raison automatiquement vraie. C’est bien joli, mais encore faut-il savoir compter jusqu’à 3! Et le malheureux castor n’y arrive pas. Fort heureusement, un Boucher va le lui apprendre, mais de curieuse manière. Il procède comme ceci:


Posons trois — un chiffre des plus commodes à poser
C’est l’objet sur lequel nous devons raisonner
Nous lui ajoutons sept. Puis dix. Le résultat
Nous le multiplions par mille moins huit. Voilà.

Comme on peut voir, nous divisons ensuite le tout
Par neuf cent quatre-vingt-douze, très exactement
Nous soustrayons ensuite dix-sept de ce tout
Et la réponse est bonne, très parfaitement


Comment le Boucher s’y prend-il pour à tout coup retrouver 3?

2. Les doublets

Carroll était si friand de jeux et d’énigmes qu’il en composa de nombreux, réunis dans deux ouvrages.

L’un de ces jeux, célèbre, est appelé les Doublets de Carroll.

On vous demande de partir d’un mot de X lettres et d’aboutir, en ne changeant à chaque fois qu’une seule lettre (ce changement générant un nouveau mot) à un autre mot donné au début du jeu.

Passons de la sorte de EAU à VIN — changeant ainsi l’eau en vin.

On aura :

EAU
VAU
VAN
VIN

Il n’y a ici que trois lettres et l’exercice était facile. Mais pourrez-vous changer un HOMME en SINGE? Ou mettre du ROUGE sur une LÈVRE?

Plusieurs réponses sont possibles, les meilleures étant évidemment les plus brèves. Je publierai la prochaine fois les meilleures que j’aurai reçues.

3. Carroll appelait l’énigme suivante une «énigme de dessert». Elle est célèbre et avec raison : elle est superbe.

Voici comment il la formulait:

«Prenez deux gobelets, l’un qui contient 50 cuillérées de cognac, l’autre 50 cuillérées d’eau pure. Prélevez dans le premier une cuillérée de cognac; transférez-la, sans la renverser, dans le second gobelet et remuez. Puis, prenez une cuillérée du mélange et reportez-le, sans le renverser, dans le premier gobelet.
Ma question est : si vous considérez l’ensemble de l’opération, a-t-il été transféré plus de cognac du premier gobelet au second, ou plus d’eau du second au premier?»

6 commentaires:

mawo a dit…

HOMME
COMME
COMTE
CONTE
SONGE
SINGE

Marc-Jean Filaire

Normand Baillargeon a dit…

@ Joli. Mais on ne peut pas passer de CONTE à SONGE,ce qui change deux lettres.

Il faudrait faire: CONTE, CONGÉ, SONGE, SINGE.

Ce qui est tout de même le meilleur résultat jusqu'à maintenant.

Normand

Normand Baillargeon a dit…

J'ai reçu ceci d'une lectrice:
Je suis alors tombée sur les jeux de Lewis Caroll...et alors ma pensée
teintée de ROUGE, pourtant ROUEE au quotidien par les coups du
capitalisme, pourtant LOUEE chaque jour pour d'ingrates tâches, mais se
ressourçant régulièrement, LOVEE dans les souvenirs des anciennes
révoltes, s'est LEVEE jusqu'à mes LEVREs pour aller parcourir le monde.

Bien joué!

SdM a dit…

Sans utiliser d'accent :

HOMME
POMME
POMPE
POUPE
SOUPE
SOUDE
SONDE
SONGE
SINGE

Sébas a dit…

@ propos de ça:

"l’intriguant paradoxe de Wade portant sur l’omnipotence divine de Dieu appelé le Paradoxe de la pierre."

Mais c'est du gros n'importe quoi.

Si R arrêtait de penser que D était un être fait "de chaire et d'os"(comme lui), peut-être que tous les Z qui le lisent, arrêteraient de se penser plus 'forts' que D.

Tout un casse-coco ?
;-)

Ce n'est pas parce quelqu'un semble intelligent qui l'est. Paraître intelligent de nos jours, rien de plus facile.

Sébas a dit…

p.s.
J'aurais du placer ma réponse ici:
http://nbaillargeon.blogspot.com/2010/03/dix-enigmes-philosophiques-mediter.html

Et je n'insinuais pas que vous et vos lecteurs n'étaient pas intelligents. Je parlais de ceux qui 'inventent' ces énigmes, si oh, songées.