lundi, mars 08, 2010

RÉFORME: DONNER LA PAROLE AUX ENSEIGNANT(E)S

Je suis à me demander si ce ne serait pas une bonne idée, et qui pourrait intéresser un éditeur, que de solliciter des témoignages et analyses d'enseignant(e)s quant à la manière dont ils et elles ont vécu cette réforme.

De mon côté, je ne l'ai jamais caché: j'ai abordé tout cela du point de vue philosophique, qui est le mien. Mais je regrette (c'est peut-être un peu fort...) de ne pas avoir pu voir ça de l'autre bout, par exemple en recevant des formations, en écoutant des exposés d'experts du MELS, en négociant avec une direction ou des conseillers pédagogiques.

Il se publie de très bons textes d'enseignant(e)s sur des blogues et il y aurait sûrement moyen de rassembler assez de bons textes pour faire un livre percutant.

Cette idée m'est venue en lisant le commentaire de la personne qui signe Madame (une enseignante) dans l'entrée précédente de ce blogue et dont je me disais que j'aurais bien aimé l'entendre plus longuement.

Elle me vient aussi , je ne le cache pas, d'une certaine frustration tenant à la difficulté qu'il y a eu , pendant toute ces années, à faire entendre une voix critique ou un argumentaire contre la réforme, et le coût personnel et professionnel à le faire. Je ne dois pas être le seul à avoir connu cela. En ce moment, je ne donne plus les grands groupes de fondements de l'éducation que je donnais avec bonheur (et au plaisir des étudiants, je pense):ils ont été abolis. Ces cours connaissaient pourtant pas mal de succès et ils étaient un moment où les étudiants lisaient et comprenaient des auteurs classiques et en grands nombre : Platon, Rousseau, Dewey, Coménius, Pesrallozi, Arendt, Peters et bien d'autres.

Bon, assez de chialage: y aurait-il des joueurs pour un livre de ce genre?

7 commentaires:

M Guillemette a dit…

Je suis enseignant en mathématiques depuis 5 ans au secondaire. Je participe aussi de temps à autre à la formation des maîtres au département de mathématiques à l'UQAM. Dernièrement, j'ai participer à une table ronde dans le cadre d'un petit documentaire sur les élèves de la réforme construit par le Cégep St-Laurent destiné à leurs enseignants.
Je participerais avec enthousiasme à ce projet!
J'aime beaucoup discuter non seulement du quotidien des élèves à l'école, mais aussi des relation entre enseignants autour de la réforme et surtout du débat de fond sur les fondement du système d'éducation qui la sous-tendent. Plusieurs de mes collègues y participeraient sans doute!
Recontacte-moi!
À bientôt!
David

PS Pour te consoler Normand, peut-être un peu maladroitement, sache que je continue, sans me lasser, de lire Arendt, Alain, Pestalozzi, Platon, Illich, Dewey... et ce depuis mon cours de fondement au baccalauréat il y a environ une dizaine d'années.

Madame a dit…

Je crois qu'il y aurait là un potentiel très intéressant à la fois pour permettre de ramener le débat dans le milieu scolaire et aussi, peut-être, poser les bases d'un nouveau consensus.

Pour ce qui est de mon expérience personnelle, je suis disponible pour en discuter surtout que la situation présente est telle que je dois me retirer du milieu pour un temps indéterminé.

Merci bien d'offrir cette possibilité.

Frédéric a dit…

Un tel livre complèterait très bien les vôtres sur la question. Je me souviens de vous avoir écrit ici pour déplorer que vos livres n'abordaient pas la façon avec laquelle la réforme se vit concrètement dans les écoles et à quel point les enseignants ne contournent (peut-être) pas les préceptes théoriques de la réforme.

Vous m'aviez répondu ce que vous dites dans ce billet, que vous abordiez la facette philosophique de la question, argument que j'avais accepté tout à fait, mais qui me laissait avec une certaine frstration.

Ce serait donc super intéressant de lire ce qu'en disent les enseigants, en espérant une variété de points de vue.

Paul C. a dit…

Mr Baillargeon.

Oui un tel livre serait très pertinent. Malheureusement, je n'ai pas jasé avec beaucoup d'enseignants disposés à critiquer formellement la réforme. Selon ma lecture, c'est justement au niveau des FONDEMENTS que se trouvent les faiblesses. Sans Bac en éducation, j'ai du faire une propédeutique (5 cours de fondement) pour être admis aux études supérieures (au privé). Ces cours sont ceux qui m'ont disposé, dès les premiers instants, à me méfier du discours réformiste. Mon cours d'épistémologie, au Bac, est aussi très utile.

Ainsi, même si bon nombre d'enseignants se sont bien rendu compte des faiblesses de la réforme, peu d'entre-eux disposent des connaissances permettant de mettre leur pratique en perspective dans un contexte plus large que la pratique quotidienne en classe. Il ont rapidement identifié les idées contre intuitive mais peu d'entre-eux était disposés à y détecter la bouillie post moderne qu'elles représentent.

Oui Mr Baillargeon, de la philo dès le primaire et plus, plus, plus de cours de fondements!

Paul C.

開心一整頁 a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Michel Fafard a dit…

Il était temps que vous adoptiez ce point de vue. Les enseigants que je connais ont souvent déploré le côté philosophique (quoique pertinant) de vos ouvrages qui ne leurs apportaient pas de visions n'y moyens concrets. Les enseigants (tout niveau confondu) n'ont pas le temps ni l'énergie de s'embarquer dans des réflexions philosophiques alors qu'ils doivent partir au front tous les jours et reviennent épuisés à la maison après avoir essayé d'apprendre quelque chose à leurs élèves. vous aurez bien beaux leurs dire qu'ils ne faut pas qu'ils entre dans l'engrenage de l'école-machine, ils s'y sont quand même sans pouvoir changer grand chose, car ils ne posèdent aucun des outils nécessaires pour le faire et se lancer dans les grands grèves générales avec tout ce que ça impliquent ne les intéressent pas.

Je sais qu'ils ont trois réclamation auxquelles ils tiennent et pour les enseigants qui écrivent sur ce blog vous me corrigerez si je me trompe:

1.Avoir moins d'élève en classe,
2.Avoir le soutien professionnel nécessaire pour les cas difficiles,
3. Et pouvoir bénéficier d'une formation continue pertinente.

Évidemment, il y en a beaucoup d'autres, mais se celles-là que j'ai retenues.

Rien de vraiment philosophique là dedans. Malheureusement, le point de vue philosophique que vous défendiez n'intéressaient que ceux qui pouvaient avoir le temps de s'y consacrer, dont je fais partie. Notre petit groupe restreint passe pour un rassemblement de "pelleteux de nuages" et je crois qu'il est dans la culture québécoise de ne pas aimer cela comme il est typiquement québécois (je cois encore) de n'accorder aucun crédit à un quelconque diplôme universitaire, mais je n'ai pas de preuve suffisant pour valider ça.

Allez, sans rancune j'espère.

Normand Baillargeon a dit…

@Micherl: il n'y a pas lieu d'être rancunier. Il y a, j'espère, de la place pour divers types de travaux intellectuels selon nos goûts et compétences. Je n'ai jamais caché la nature des travaux que je veux faire et en reconnais volontiers les limites.
On verra si des enseignantes répondent en nombre suffisant à mon offre.

N.